Décoder l’alimentation industrielle

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Décoder l’alimentation industrielle

Comprendre ce qu’on donne à manger à son chien

 

Epineux sujet, pour ne pas dire article casse-gueule qui risque de nous valoir de vives réactions, nous nous lançons aujourd’hui dans la rédaction d’un texte qui devrait remettre l’église au centre du village chez ceux qui le liront.

En effet, il nous devient de plus en plus insupportable de constater combien des propriétaires aimant sincèrement leur chien et soucieux de leur bien-être accordent leur confiance aveugle à l’alimentation industrielle comme si c’était ce qu’il y a de mieux. Rien que le qualificatif “industriel” devrait déjà interpeler et éveiller la suspicion. Industriel signifie procédés de fabrication mécanisés dénaturant les produits. Cela signifie aussi ingrédients hautement transformés. En matière d’alimentation, industriel va toujours de pair avec additifs ne serait-ce que pour redonner de la texture, de la couleur, de l’arôme. Alimentation et industrielle ne font donc pas bon ménage si on s’en tient au rôle premier de l’alimentation : apporter les nutriments qui préservent la santé. C’est un mariage à hauts risques pour le consommateur final. Or un chien nourri aux croquettes toute sa vie veut dire un chien nourri à l’industriel toute sa vie.

 

Petite précision importante qui nous l’espérons nous évitera certaines critiques stériles du genre “vous êtes qui vous pour affirmer tout cela ? êtes vous vétérinaire pour parler de nutrition canine ?” Ce qui nous autorise à vous parler d’alimentation des chiens et à vous mettre en garde sont nos multiples formations dans le domaine de la santé, des recherches poussées sur le sujet – à l’extrême parfois – et l’expérience de plus de 35 ans comme propriétaire de chiens dont les 15 dernières se caractérisent par le choix d’une alimentation saine et la plus naturelle possible. Alors certes nous ne sommes pas pour l’industriel. Cependant nos arguments sont scientifiques, pas idéologiques.

 

Ce que contient cet article

 

Nous tenons à vous prévenir de suite, cet article est extrêmement long et il demandera certainement plusieurs lectures. Il aborde tous les points importants permettant de reconsidérer l’alimentation industrielle pour ce qu’elle est : un produit cherchant à copier l’alimentation naturelle du chien en se faisant passer pour un produit sain.

Par conséquent, nous vous conseillons de vous installer confortablement pour le lire avec votre sac de croquettes ou la boite de votre chien à portée de main. Papier, crayon et calculatrice sont nécessaires si vous voulez aller au fond des choses comme nous l’avons fait. Mais vous pouvez tout à fait vous contenter de la lecture. Nous avons essayer de vulgariser autant que possible les grands principes de la nutrition car c’est sur la méconnaissance et sur le coté rébarbatif des chiffres que comptent les industriels pour vous faire passer des vessies pour des lanternes.

Cet article aborde tous les sujets fondamentaux pour comprendre ce qu’on donne à manger à son chien.

le mode de fabrication industriel

les ingrédients utilisés pour fabriquer des croquettes

les étiquettes des produits

l’intérêt nutritionnel des ingrédients

la digestibilité des nutriments

l’énergie métabolisable ou l’arbre qui cache la forêt

et pour finir par un comparatif qui illustre tous ces sujets

 

Il faut reconnaître aux industriels qu’ils ont réussi un réel tour de force en imposant petit à petit les croquettes et les boites comme l’aliment normal, ordinaire, unique et l’aliment santé par excellence dans l’esprit des gens. De nos jours quand on pense à ce que va manger un chien, on ne pense pas viandes, abats, os, légumes, on pense quelle marque de boite ou de croquettes on va lui donner et on cherche dans la jungle des offres celle qui NOUS paraît la plus alléchante.

Les boites ou les croquettes ne sont pas la normalité. Elles sont une alternative à l’alimentation fraîche. Les croquettes sont comparables à des plats cuisinés lyophilisés en sachet tandis que les boites s’apparentent à des plats cuisinés en conserve. Quand on nourrit exclusivement son chien avec des croquettes ou des boites on le nourrit exclusivement avec des produits transformés industriellement. C’est le premier problème. Le second problème est la composition des plats en question. Les ingrédients qui ont servi à la recette ne seraient probablement pas consommés en l’état par nos animaux. Essayez donc de faire avaler du maïs, du soja, des plumes ou de la pulpe de betterave à chien pour voir. 

Les chiens sont pratiquement, avec les chats et les NAC, les seuls animaux à qui on impose un tel régime alimentaire. Même les animaux en zoo ont droit à une alimentation fraîche, variée et adaptée à leurs besoins et à leur nature. Quant à l’humain, tous les organismes de santé publique conseillent d’éviter autant que possible le transformé et de consommer surtout des produits frais et variés pour préserver leur santé.

Alors questions :

Par quel miracle les produits hautement transformés auraient ils des effets bénéfiques sur la santé des chiens alors qu’ils ont clairement des effets néfastes sur la nôtre ?

Voudrait on nous faire croire que les industriels du Petfood sont plus vertueux en matière de composition que les industriels de l’agro-alimentaire ?

 

Partant de ce constat alarmant, il nous est apparu urgent d’apporter un autre son de cloche en ce qui concerne l’alimentation industrielle, à commencer par sensibiliser les propriétaires sur l’importance capitale de bien lire la composition qui dit tout sur la qualité du produit et la politique de l’industriel.

Un peu d’histoire … et d’anatomie

 

Le chien accompagne l’Homme depuis des millénaires. D’abord espèce commensale il est devenu espèce domestique ce qui revient à dire qu’il a perdu sa liberté de choix pour y “gagner” une certaine sécurité. Pour faire bref et se limiter au sujet qui nous occupe sa domestication a débouché sur une alimentation 100% controlée et distribuée par l’Homme.

Il n’aura échappé à personne que le chien est un carnivore. Un carnivore est un mammifère qui se caractérise par une dentition très développée dont l’alimentation est basée sur la consommation de chairs et de tissus d’animaux. Tout son métabolisme est tributaire de cette consommation. C’est également un prédateur doublé d’un charognard. Voilà qui était bien utile à nos ancêtres puisque le chien chassait et mangeait les restes. Au XXIème siècle la vision du chien tuant et mangeant des proies pose de plus en plus problèmes mais c’est un autre débat. Reste que sa santé dépend de son alimentation et quoiqu’en disent ceux qui le voudraient végétarien, omnivore ou mieux composteur de nos déchets, le chien doit manger de la viande.

L’appareil digestif du chien commence par sa dentition, les premiers outils du processus de digestion. Sa dentition diffère de celle de l’omnivore par la présence de carnassières et pré-carnassières dont la vocation et de couper et broyer des chairs et des os. Une autre particularité de la mâchoire du carnivore est d’avoir un articulé seulement vertical qui ne permet pas de mâcher longuement mais offre à l’inverse une puissance remarquable.

La salive du chien ne contient pas d’amylase ce qui en dit long à la fois sur sa capacité à digérer l’amidon mais aussi sur le rôle de sa mastication qui se limite à lubrifier. Il n’y a pas de pré digestion dans la bouche du chien comme chez nous ou comme chez les ruminants.

Le carnivore possède un estomac particulièrement volumineux afin de pouvoir contenir de grosses quantités de nourriture. La chasse n’étant pas fructueuse chaque jour il y a intérêt à ne pas en laisser quand on réussit à attraper quelque chose. L’acidité stomacale du chien est proche de 1, un ph permettant de dissoudre les os et de tuer l’essentiel des bactéries.

Les intestins sont par contre relativement courts. La digestion étant principalement enzymatique, les intestins jouent surtout le rôle de “passeur”. A noter que la flore intestinale est beaucoup moins riche que celle d’un omnivore car justement elle n’intervient que peu dans la digestion. Le temps de digestion d’un carnivore est jusqu’à 5 fois plus rapide que celui d’un omnivore. C’est évidemment lié au régime alimentaire dépourvu de végétaux.

 

Pour étudier davantage ce sujet nous vous renvoyons vers cette page qui propose un bon condensé des caractéristiques digestives du carnivore en fournissant qui plus est les sources de ses informations.

Jusqu’à l’avènement de l’alimentation industrielle les chiens étaient surtout nourris à base d’une bouillie de restes mélangées à du pain et des légumes sur le modèle de l’alimentation prônée depuis l’antiquité. Selon leur mission et leur place cette alimentation était plus ou moins qualitative allant de vagues reliquats de table chez le chien “paysan” à de beaux morceaux de viandes chez le chien “noble” notamment de chasse, traité tel un athlète, comme en témoigne “Le nouvelin de vènerie” datant du XVIème siècle où un chapitre entier est consacré aux soins alimentaires.

A cette alimentation fournie par l’homme, le chien pouvait, et ne s’en privait d’ailleurs pas, ajouter le produit de sa chasse ou de son vol ce qui lui permettait au final de bénéficier de la variété garantissant l’équilibre nutritionnel.

On attribue à M. James Spratt en 1860 à Cincinatti aux Etats Unis la première nourriture pour chien sous forme sèche et concentrée mais c’est vers le milieu du XXème siècle que l’essor de l’alimentation industrielle et sèche a démarré pour atteindre le stade actuel, c’est à dire un quasi monopole en matière de nourriture pour chiens. Cet essor est concomitant à un autre essor, celui de la publicité qui s’est avéré un support de communication particulièrement puissant capable de transporter jusque dans le ménage le plus reculé un message convaincant incitant à l’achat. A partir de l’ère de la publicité et des médias a débuté l’ère de l’information partielle et partiale à laquelle il n’est plus possible d’échapper de nos jours et qui devrait pousser chacun de nous à aiguiser son esprit critique.

Cela fait donc une soixantaine d’années que les croquettes sont entrées dans les habitudes alimentaires des chiens. A l’échelle de l’évolution avouez que cela ne représente pas grand chose quand on sait que la trace des premiers chiens remonte à 30 000 ans. S’il est indéniable que les chiens ont évolués sur le plan des comportements alimentaires et sur le plan digestif en partageant la niche écologique de l’Homme et en se sédentarisant avec lui, cela ne les a pas transformé en croquettivores en à peine un demi siècle.

Jérémy Anso vous propose dans son livre “Ce poison nommé croquettes” deux scénarios sortis tout droit de son esprit, le fruit de son imagination. Ils illustrent parfaitement l’aberration de la situation actuelle et à quoi sont contraint les chiens nourris à l’industriel sous prétexte qu’ils auraient “évolués”.

Les meutes de chiens omnivores

 

“Il y a 10 000 ans, dans une forêt tempérée d’Amérique du Nord, vivait une meute de chiens sauvages composée de quelques chiots, d’un couple dominant et du reste de la meute.

Pour se nourrir, les chiens traquaient principalement les moindres épis de maïs sauvages, lorsqu’ils trouvaient un champ de blé à proximité d’un cours d’eau, la meute occupait la zone jusqu’à la dernière tige. Parfois, la meute repérait un gibier aux alentours, et décidait de la chasser pour en retirer un précieux butin. La dangereuse traque finissait par payer, et l’on pouvait observer les chiens dépecer l’animal et jeter tous les morceaux de viandes nobles sur les côtés pour ne manger que la carcasse, les sabots, la tête, les tripes, et les contenus stomacaux. Il arrivait que certaines meutes ne mangent pas la carcasse crue, et décidaient alors de la déplacer sur des braises encore chaudes (créées par l’Homme ou naturellement) afin d’apprécier les effets d’une forte cuisson.

Fin de l’histoire n°1.”

 

Les meutes de chiens carnivores

 

“A la même époque, et dans une forêt non loin de la précédente meute, se trouvait une famille de chiens sauvages. Cette famille passait le plus clair de son temps à la chasse aux mammifères terrestres. Ils chassaient des ongulés, des micromammifères, des oiseaux, ou des reptiles.

Le régime alimentaire de cette famille était composé à 90 % de viande et d’os crus, d’abats, tout en évitant soigneusement de manger le contenu stomacal des grands mammifères. Lors des festins, les chiens pouvaient ingérer quelques fruits ou baies contenues dans l’intestin des proies, mais ils évitaient les parties végétales, les plantes, etc.

Fin de l’histoire n°2.”

Alors, laquelle de ces deux histoires vous paraît la plus vraisemblable ?

 

La fabrication des croquettes

 

Les croquettes sont fabriquées selon un procédé industriel relativement commun à toutes les marques.

Un appareil est réalisé à partir d’ingrédients définis, mélangés ensemble, broyés. Cet appareil est ensuite soumis à une cuisson-extrusion* permettant de le compacter et de le pousser vers des orifices de tailles et formes variées pour donner des croquettes.

Une fois refroidies les croquettes sont plus ou moins enrobées de graisses pour les rendre plus appétissantes et elles sont mises en sachet.

La suite appartient au marketing dont l’étiquetage est le fer de lance.

*La cuisson-extrusion consiste à obliger l’appareil à se séparer de ses liquides par pression tout en le soumettant à des hautes températures pouvant atteindre 200°. Ce procédé permet d’obtenir des croquettes solides résistantes aux manipulations grâce à un taux d’humidité résiduel inférieur à 10% et à la présence de fibres dans la recette.

Ce procédé est parfaitement mis en scène dans la vidéo quelque peu “bon enfant” que nous offre la Fédération des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers (FACCO).

 

 

Aucun aliment préparé n’échappe à la cuisson. Or aucun carnivore libre ne fait cuire sa nourriture.

La cuisson a pour rôle principal d’aseptiser le produit et de rendre la cellulose et le collagène plus digeste. Elle confère certaines caractéristiques organoleptiques. Elle n’est pour autant pas sans conséquences ni risques pour le consommateur. La cuisson change l’aspect, la couleur, l’odeur, le goût et la texture des aliments, ainsi que leur teneur en nutriments essentiels. Les glucides se caramélisent, les lipides fondent, les protéines coagulent, certaines vitamines sont détruites, les sels minéraux se dissolvent et la cuisson peut être toxique selon la température.

La saveur et l’odeur des plats cuisinés sont essentiellement dues à des molécules formées par une cascade de réactions chimiques dites « de Maillard ». Malheureusement, ces réactions produisent dès 120° des molécules indésirables, les PTG (Produits terminaux de glycation) ou AEG en anglais (Advanced Glycation End-products) pouvant provoquer à long terme des atteintes rénales, oculaires ou cardio-vasculaires, générer un stress oxydatif majeur qui augmente les lésions cellulaires et favorise le développement des maladies chroniques (cardio-vasculaires, neurologiques dégénératives et néoplasiques).

 

Le chien nourrit à l’industriel toute sa vie est exposé à long terme à ces substances toxiques.

La Glycation est une réaction chimique entre les sucres et les protéines dont l’ultime étape sera la synthèse de Produits de la Glycation avancés que l’on nomme aussi AGE (Advanced Glycation Endproducts) ou en français PTG (Produits Terminaux de Glycation). Les PTG sont présents en quantité notable dans l’organisme. Ils ont deux origines : exogènes via l’alimentation et endogènes puisque l’organisme peut en fabriquer notamment lorsque la glycémie est élevée.

Nous côtoyons tous au quotidien cette glycation appelée aussi réaction de Maillard, car lorsque nous cuisinons, sous l’effet de la température élevée de la cuisson, la réaction entre les protéines et les glucides alimentaires va produire des PTG alimentaires. Pour autant, tous les aliments ne produisent pas la même quantité de PTG. Il existe une corrélation franche entre l’augmentation de la température de cuisson et la quantité de PTG formés.

MAIS POURQUOI S’INTERESSE-T-ON A CES PTG ? QUE LEUR REPROCHE-T-ON ?

La Glycation joue un rôle prépondérant dans l’apparition de certaines maladies métaboliques en provoquant des lésions au niveau des différents tissus cellulaires, lésions essentiellement liées à une accélération du vieillissement. L’accumulation de ces PTG au fur et à mesure des années, et ce d’autant qu’il existe des anomalies du métabolisme du glucose tel que dans le diabète, va contribuer à l’émergence d’atteintes rénales, oculaires ou cardio-vasculaires. De plus, les produits glyqués génèrent un stress oxydatif majeur qui majorent ces lésions cellulaires et favorisent aussi le développement des maladies chroniques (cardio-vasculaires, neurologiques dégénératives et néoplasiques).

Une partie de ces PTG est éliminée via les urines par les reins mais ils restent redoutables pour la santé de l’organisme.

Les ingrédients des croquettes

 

Si le procédé de fabrication en soi ne suffit pas à se questionner sur la qualité nutritionnelle du produit fini – on ose espérer que les industriels mettent en place des procédés qui ne dénaturent pas totalement les ingrédients – reste la recette. De quoi est donc composée cette croquette qui se laisse manger par le chien malgré son aspect si éloigné de celui d’un morceau de viande et sa texture sèche et farineuse ?

Il y a recette et recette et vous allez vite comprendre où nous voulons en venir avec … la recette de la quiche lorraine. La quiche lorraine est une recette traditionnelle relativement facile à réaliser soi même.

Dans la recette de la quiche lorraine faite maison on trouve : de la farine de blé, du beurre, de l’eau et un peu de sel pour la pâte, des lardons, de la crème, des oeufs et  un peu de poivre pour l’appareil.

Dans la recette de la quiche lorraine industrielle – et on a pas choisi la pire – on trouve : Eau ; farine de blé  ; œufs ; lardons ; sel ; dextrose ; antioxydant : E316 ; conservateur : E250 ; crème fraîche ; huile de colza ; lait en poudre écrémé ; emmental ; amidon de riz ; fécule de pomme de terre ; farine de riz ; poudres à lever : E450i, E500ii ; amidon de blé ; sel ; poivre blanc ; muscade ; Traces de céleri, fruits à coque, moutarde et soja. Soit des ingrédients non prévus par la recette traditionnelle, des additifs et des sucres cachés.

 

Avec l’alimentation industrielle il faut toujours lire très attentivement la liste des ingrédients.

 

Les ingrédients d’origine animale

 

On s’attendrait à trouver de la viande en premier ingrédient dans l’alimentation d’un carnivore. C’est d’ailleurs sur la présence de viande que s’appuie généralement le marketing avec de jolis morceaux représentés sur les sachets.

Loin s’en faut !

Selon la qualité du produit et la politique de la marque la viande peut se situer en tête de la liste des ingrédients ou ne même pas apparaître en tant que tel. Par exemple une croquette au boeuf peut ne comporter que 4% de boeuf. Une croquette riche en poulet peut ne contenir que 15% de poulet. Et encore cela ne vous dit quelles parties du boeuf ou du poulet ont été utilisées. Cela peut être juste du sang de boeuf ou juste des pattes ou des têtes de poulet.

Farine, déshydraté, hydrolysat, sous-produits. Mais où est la véritable viande ?

Les ingrédients d’origine animale sont une matière première onéreuse qui revêt des formes qui méritent d’être détaillée.

Seul le muscle strié est en droit de s’appeler viande selon la règlementation. C’est pourquoi il est rare de lire viande dans la liste des ingrédients.

Poulet, dinde, agneau ou toute autre espèce nommée indique que ce sont des viandes, abats et os de cette espèce mais aussi des sous-produits* de cette espèce qui ont servi à la recette.

La viande déshydratée est, comme son nom l’indique, de la véritable viande ayant perdue de sa teneur en eau par un procédé de cuisson.

Le terme hydrolysat désigne des protéines animales ayant subi une hydrolyse c’est à dire un procédé qui permet d’avancer la décomposition en les immergeant dans de l’eau complétée d’une solution d’acide. L’idée est de faciliter la digestion. Les hydrolysats sont en quelque sorte des protéInes pré-digérées. Ils sont généralement fabriqués à partir de sous-produits*.

La farine de viande est une poudre obtenue par cuisson, dégraissage, stérilisation, broyage et tamisage de sous-produits d’animaux* terrestres. Il est parfois préféré au terme farine le terme protéines plus vendeur.

*Les sous-produits animaux sont constitués de différentes matières animales appartenant à la catégorie 3. Hormis quelques produits impropres, cette catégorie regroupent toutes les parties non consommées par l’Homme mais propres à la consommation. Cela concerne la peau, les tendons, les viscères, les nerfs, les pattes, les plumes, le sang … Les marques qui revendiquent n’utiliser que des produits propres à la consommation humaine ne font en fait que respecter la règlementation puisque l’essentiel des sous-produits autorisés en alimentation animale sont à la base propres à la consommation humaine mais juste non consommée par l’Homme. Le problème des sous-produits n’est pas tant la sécurité alimentaire mais le fait que non transformés ces produits ne seraient pas non plus consommés par le chien !

Les matières de catégorie 3 comprennent les sous-produits animaux suivants :

les parties d’animaux abattus propres à la consommation humaine mais non destinées à celle-ci pour des raisons commerciales;

les parties d’animaux abattus déclarées impropres à la consommation humaine mais exemptes de tout signe de maladie transmissible;

les peaux, les sabots et les cornes, les soies de porc et les plumes issus d’animaux morts à l’abattoir et déclarés propres à la consommation humaine après inspection ante mortem;

le sang issu d’animaux propres à la consommation humaine après inspection ante mortem autres que des ruminants mis à mort à l’abattoir;

les sous-produits animaux dérivés de la fabrication de produits destinés à la consommation humaine, y compris les os dégraissés et les cretons;

les anciennes denrées alimentaires d’origine animale autres que les déchets de cuisine et de table et qui ne sont plus destinés à la consommation humaine pour des raisons commerciales, de défaut de fabrication ou d’emballage;

le lait cru d’animaux ne présentant aucun signe de maladie transmissible;

les poissons ou autres animaux marins, à l’exception des mammifères, capturés en haute mer afin de produire de la farine ainsi que les sous-produits frais de poissons provenant d’usines de produits destinés à la consommation humaine;

les coquilles d’œufs d’animaux exempts de tout signe de maladie transmissible;

le sang, les peaux, les sabots, les plumes, la laine, les cornes, les poils et les fourrures issus d’animaux sains;

les déchets de cuisine et de table hors catégorie 1.

Consulter ici le Règlement CE 1774/2002

Ce qu’il faut savoir et retenir en matière d’ingrédients d’origine animale c’est que toutes les protéines animales n’ont pas le même intérêt nutritionnel. Classées des plus intéressantes au moins intéressantes cela donne ça :

La viande est la seule source fiable de l’ensemble des acides aminés sous une forme métabolisable si la cuisson ne les altère pas. Les aliments industriels à base de viande fraîche dont l’espère et les morceaux sont clairement identifiés sont les plus qualitatifs.

L’espèce entière est une bonne source d’acides aminés mais aussi d’acides gras et de minéraux sous forme métabolisable, à condition que cela inclut de la viande et que la cuisson n’altère pas ces nutriments. Les aliments à base de morceaux entiers d’une espèce nommée incluant la viande sont plutôt qualitatifs.

La viande déshydratée est une source correcte de l’ensemble des acides aminés sous une forme métabolisable si la cuisson ne les altère pas. Les aliments industriels à base de viandes déshydratées dont l’espèce est clairement identifiée sont également relativement qualitatifs.

Les sous-produits animaux y compris les hydrolysats et les farines sont source de certains acides aminés mais sans garantie qu’ils soient complets et métabolisables. Les aliments industriels élaborés à partir de sous-produits animaux quelque soit l’appellation qui leur est donnée sont de mauvaise qualité.

 

Si ça ne s’appelle pas viande, c’est que ce n’est pas de la viande !

 

Vient ensuite la question des graisses et des huiles. Elles sont ajoutées pour atteindre la bonne teneur en lipides et donner de l’appétence au produit. Selon la qualité et la politique de la marque ces graisses et huiles peuvent être d’origine animale ou pas. C’est ainsi que l’on peut lire dans la composition huile de saumon, graisse de poulet … ou tout simplement graisses végétales ce qui en dit long sur l’intérêt nutritionnel du produit.

Ce qu’il faut savoir et retenir en ce qui concerne les lipides c’est que :

Les graisses et huiles qui ne sont pas d’origine animale ne présentent que peu d’intérêt nutritionnel pour un carnivore. Si de surcroît elles ne sont pas identifiées avec leur source, c’est qu’il s’agit de graisses et d’huiles provenant de la valorisation des déchets de l’agro-alimentaire. Elles ne servent qu’à regonfler la teneur en lipides pour être conforme aux recommandations et à rendre la croquette à peu près appétissante.

Les appellations floues ou “techniques” cachent des produits douteux ou honteux.

 

Les ingrédients d’origine végétale

 

Dans la composition des croquettes vient ensuite l’ingrédient incontournable, celui qui est passé sous silence et n’apparaît presque jamais en termes de proportion dans les valeurs nutritionnelles comme s’il n’était pas là : Ce sont les glucides.

Les glucides sont ajoutés sous forme de céréales ou de légumineuses mais également sous forme de fibres. Il faut savoir que ce sont les glucides qui assurent la liaison et le maintien en forme après cuisson-extrusion. Les glucides ont un rôle de colle. Sans glucides la cuisson transformerait les viandes en farines bien moins attractives visuellement pour les propriétaires. Cela dit les céréales ou les légumineuses ont un autre avantage : elles apportent des protéines bien moins chères que les protéines d’origine animale. Ce sujet sera abordé dans la partie consacré à l’intérêt nutritionnel.

Ce qu’il savoir savoir et retenir à propos des céréales et légumineuses ajoutés aux recettes c’est que :

Elles contiennent de l’amidon, un glucide complexe qui est transformé en glucose lors de la digestion. Le glucose a un intérêt énergétique, pas nutritionnel. Cependant la transformation des céréales et des légumineuses fait que souvent on a plutôt affaire à des sucres rapides faisant varier fortement la glycémie. Elles contiennent également des protéines ce qui permet de gonfler le taux sur les étiquettes. Elles contiennent à l’état brut des fibres qui pourraient être digestivement parlant intéressantes mais comme les céréales et les légumineuses sont rarement intégrées aux recettes à l’état brut cet intérêt disparaît. Du coup des fibres provenant d’autres végétaux sont ajoutées pour compenser.

 

Il y a des glucides dans les croquettes pour permettre le procédé industriel de fabrication et fournir des protéines “pas chères”, pas pour une vraie question nutritionnelle.

 

Les glucides entrent dans le régime alimentaire des omnivores et des herbivores. Pas dans celui des carnivores qui ont toutes les peines à les digérer. Seul le chien est relativement capable de produire de l’amylase mais la digestion des glucides n’est pas qu’une affaire d’amylase. C’est aussi une affaire de bactéries intestinales et elles sont insuffisantes chez le chien. On ne peut donc pas dire que le chien est devenu omnivore sous prétexte qu’il parvient à tirer un peu profit de la consommation de céréales ou de légumineuses préalablement transformées par l’Homme. On ne pourra commencer à l’évoquer que lorsque l’ensemble de son appareil digestif aura évolué c’est à dire dans quelques milliers d’années, temps habituellement nécessaire pour l’évolution d’une espèce. 60 ans ça fait un peu juste pour un changement de cet ordre n’en déplaise aux industriels.

 

Entre enfin dans la composition des croquettes une liste souvent à rallonge d’autres ingrédients comprenant des produits d’origine végétale dont la notoriété donne du crédit à la recette mais aussi des intrants chimiques ou naturels ayant pour but de conférer certaines qualités technologiques, sensorielles, zootechniques ou nutritionnelles au produit : les additifs.

Certains additifs ont pour vocation de permettre une conservation longue durée, gage de praticité. Le coté pratique est ce qui maintient les familles dans la dépendance aux croquettes.

Certains autres ont pour mission de contribuer à la production de beaux cacas calibrés, ni trop dûrs ni trop mous, d’une belle couleur marron qui rassurent les propriétaires.

Dans tous les cas il y a des additifs ne serait-ce que des minéraux et vitamines de synthèse, puisque qu’ils ne résistent pas à cuisson-extrusion, et des conservateurs. Sans conservateur qu’on m’explique comment un aliment peut se garder plus d’un an à l’air libre !

Vous pouvez consulter la liste complète des additifs autorisés en alimentation animale en passant par cette page et en suivant le lien vers le document pdf nommé “additifs pour l’alimentation animale”.

 

 

Lire et bien comprendre les étiquettes

 

L’étiquetage est soumis à une règlementation (RCE 767/2009) visant à garantir une certaine sécurité sanitaire et à fournir une information sur la composition de l’aliment. L’étiquette est donc à la fois l’amie et l’ennemie de l’industriel.

En fait, il n’y a pas une étiquette mais deux étiquettes :

Le coté face, ou face de présentation, ayant pour but de créer une représentation mentale dans la tête de l’acheteur avec photos, images, icônes et allégations diverses déclenchant attention, intérêt, désir et achat selon la méthode A.I.D.A, une méthode unanimement employée par tous les commerciaux du monde. Il est intéressant de savoir que la DGCCRF mène régulièrement des enquêtes pour vérifier la conformité des informations mises en scène sur le packaging (cf source) et que cette conformité est loin d’être établie dans de nombreux cas.

Le coté pile, ou face informative, ayant pour but de communiquer les informations obligatoires sur la composition, les valeurs nutritionnelles et l’usage. Le coté pile est généralement juste lisible et n’attire pas spécialement l’oeil. Souvent il faut faire un réel effort pour trouver ce que l’on cherche et pourtant c’est le coté le plus important, celui qu’il faut absolument regarder et analyser. Nous allons vous démontrer cela dans le comparatif en fin d’article.

 

Extrait des manquements relevés par la DGCCRF

 

Malgré une législation stricte, l’enquête menée par la DGCCRF a permis de montrer les nombreux manquements en matière d’aliments pour animaux.  Le rapport (cf sources) dénonce un manquement sur des allégations et des mentions valorisantes. Avec des produits dits « made in France » alors que certains ingrédients viennent de l’étranger, du « sans gluten » alors que des céréales sont présentes, la mention produit « frais » sans être justifiée, « naturel » alors que l’aliment ne l’est pas, « sans conservateurs chimiques » alors qu’il y en a, ou même « viande à consommation humaine » alors que cela n’est pas autorisé par la législation.

À cela s’ajoutent des images trompeuses pour le consommateur avec des photos d’escalope de poulet ou de magret de canard. Or, ces aliments sont destinés à l’alimentation humaine et ne reflètent donc pas les ingrédients présents dans l’alimentation des animaux.

 

Ce qu’il faut savoir et retenir à propos de l’étiquetage c’est que :

Les ingrédients sont indiqués dans l’ordre de leur importance pondérale lors de l’incorporation, du plus vers le moins. Les ingrédients peuvent être regroupé en catégorie ou détaillés. Nous allons voir que cette astuce permet de modifier leur place dans la liste des ingrédients.

L’étiquette doit indiquer les taux de protéines, lipides, fibres et cendres. Le taux de glucides n’est pas obligatoire, un privilège obtenu et ardemment défendu par le lobby du petfood, mais il y a forcément des glucides.

La source animale ou végétale est obligatoirement précisée

Les additifs avec leur nom figurent obligatoirement

On doit savoir à qui est destiné l’aliment et en quelle quantité

 

→ Ainsi si le premier ingrédient dans la liste est céréales, c’est que les céréales sont l’ingrédient principal. Pour éviter cela les industriels détaillent généralement les céréales : farine de blé, farine de maïs, froment … Cela permet de les mentionner individuellement par ordre de poids et donc de les placer plus loin dans la liste après les sources animales qui elles à l’inverse seront regroupées pour les placer en premier ingrédient.

→ Si le taux de protéines est de 25%, c’est qu’il y a 25% de protéines dans la recette mais qu’en aucun cas cela ne veut dire qu’il y a 25% de “viandes” ni même 25% d’ingrédients d’origine animale. Les protéines peuvent être d’origine végétale ce qui pose le problème de leur carence en acides aminés essentiels (voir plus loin).

→ Pour retrouver le taux de glucides, il faut faire une soustraction. 100 – taux de protéines – taux de lipides – taux de fibres – taux de cendres – taux d’humidité (s’il n’est pas indiqué on considère qu’il est égal à 10) = taux de glucides. Ce taux ne devrait pas dépasser 20 à 25% si le chien n’appartient pas à une race connue pour mal digérer l’amidon (races nordiques notamment), sinon il devrait même être très inférieur.

 

Les industriels comptent sur le fait que vous vous arrêterez aux images et aux allégations, que vous confondrez protéines et viandes et ne vous préoccuperez pas de la nature et du taux de glucides dans l’aliment.

 

Parlons de l’intérêt nutritionnel

 

L’alimentation a pour but de fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’organisme et aux activités du chien MAIS elle a aussi pour but de fournir les nutriments indispensables à la construction, la réparation, la régulation et le fonctionnement de l’organisme. Les nutriments sont comparables aux briques d’une maison tandis que l’énergie est comparable au carburant.

S’il ne reçoit pas assez d’énergie un chien va maigrir.

S’il ne reçoit pas assez de nutriments un chien va développer des pathologies y compris si ses besoins en énergie sont couverts. Idem s’il en reçoit trop et qu’il ne parvient pas à gérer cet excès. Ce sont les nutriments qui préservent la santé.

Se fonder sur la note d’état corporel* pour dire si l’aliment convient c’est oublier qu’énergie et nutriments sont deux choses complètement différentes. Si je mange des hamburgers tous les jours et que je ne grossis pas cela ne veut pas dire que manger des hamburgers est bon pour ma santé.

La note d’état corporel (NEC) est un système d’évaluation utilisé par les professionnels de la santé pour déterminer la présence de masse grasse en excès. Un chien présentant une NEC de 4 ou 5/9 est considéré comme pesant un poids idéal.

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Parce que les nutriments sont fondamentaux, les étiquettes doivent vous fournir leur taux et ces taux doivent respecter les recommandations en apports nutritionnels dictés par des organisme tels que NRC ou FEDIAF en Europe (cf sources).

Les nutriments indispensables pour le chien sont :

des protéines devant fournir TOUS les acides aminés essentiels à raison de 2 à 6 g/kg de poids et par jour

des lipides devant fournir environ la moitié de l’apport énergétique (l’autre moitié étant fourni par les protéines) et les acides gras essentiels

des minéraux dont certains doivent respecter des ratios comme le ratio phospho/calcique qui doit être entre 1 et 1,3 (1,3 unité de calcium pour 1 unité de phosphore)

des vitamines indispensables

des oligo-éléments tout autant indispensables

et des fibres

 

Les nutriments indispensables n’incluent pas les glucides. Concernant les glucides tout le monde s’accorde sur le fait qu’elles ne sont pas essentielles. Elles ne fournissent que de l’énergie. Il est par ailleurs établi que les protéines apportées par les céréales et les légumineuses ne suffisent pas à combler les besoins en acides aminés essentiels. Les glucides ne servent donc pas à préserver la santé du chien, voire pour certains qui ne les digèrent pas elles sont néfastes.

 

C’est parce que les glucides ne sont pas indispensables qu’indiquer leur taux n’est pas obligatoire.

 

Ce qu’il faut savoir et retenir au niveau des taux c’est que :

Pour être autorisées à être mises sur le marché les croquettes sont forcément conformes en matière de taux de protéines, lipides, vitamines, oligo-éléments et fibres. Même les plus mauvaises affichent des taux entrant dans les normes. Ce n’est pas sur ces valeurs que l’on peut juger de la qualité d’un aliment industriel sauf quand ces valeurs fleurtent avec les valeurs plancher.

 

Vient la question de l’eau.

Nous insistons sur l’eau car les croquettes sont un aliment déshydraté. Or pour être digéré le bol alimentaire doit avoir un certain taux d’humidité ce qui oblige le chien à boire beaucoup en même temps qu’il mange. Quid de la dilatation d’estomac ? S’il ne boit pas assez il devra utiliser sa propre eau présente dans son organisme pour humidifier la nourriture sèche et pouvoir la digérer ce qui génère une forme de déshydratation. Si ce processus se répète sans arrêt il aura des conséquences.

Les croquettes ne comportent qu’environ 10% d’eau. Il faut donc leur ajouter de quoi rétablir le taux d’humidité nécessaire à la digestion qui est de l’ordre de 70 à 80%. Pour faire simple, on devrait ajouter au moins 60 à 70% du poids des croquettes en eau à la ration et la laisser gonfler une vingtaine de minutes avant de la distribuer.

Dans tous les cas il faut laisser de l’eau fraîche à disposition en permanence à coté. Et c’est valable aussi pour les chiots et jeunes chiens en plein apprentissage de la propreté. Enlever la gamelle d’eau le soir histoire de limiter les pipis nocturnes est une aberration en matière de conseils.

 

Ce qu’il faut donc savoir et retenir à propos de l’eau c’est que :

L’insuffisance d’hydratation est la première cause des calculs urinaires mais aussi des infections urinaires car l’eau permet de diluer les urines.

Les reins sont l’organe en charge de l’équilibre hydrique, électrolytique et acido-basique. Ils sont particulièrement affectés par le manque d’eau.

 

Les croquettes sont un aliment déshydraté et déshydratant.

 

 

 

Bref détour par la fonction des nutriments

 

Les protéines ont un rôle structurel (os, muscle, poil, peau) et un rôle fonctionnel (immunité, reproduction, digestion).

Ce qui importe, plus que les protéines, sont les acides aminés dont certains sont dits essentiels c’est à dire que le chien ne les synthétise pas. Ces acides aminés essentiels sont au nombre de 10 : Arginine, Lysine, Cystéine, Méthionine, Histidine, Leucine, Isoleucine, Valine, Phénylalanine, Tyrosine, Tryptophane. Ils doivent être présents dans l’alimentation tous les jours. Les protéines d’origine végétale n’apportent pas ces acides aminés en quantité suffisante. Or les choses sont ainsi faites que c’est la quantité la plus basse qui déclenche l’élimination des autres car un ratio entre les différents acides aminés doit être respecté. En gros si on apporte pas assez d’Arginine, le surplus des autres acides aminés comparé à l’arginine sera éliminé même si les besoins ne sont pas couverts. Moralité : les protéines doivent absolument être d’origine animale pour couvrir les besoins en acides aminés essentiels.

 

Les lipides ont un rôle fonctionnel. Elles apportent de l’énergie et les acides gras essentiels ayant eux mêmes un rôle structurel (paroi cellulaire) et fonctionnel (immunité, inflammation, agrégation plaquettaire, reproduction, capacité d’apprentissage). Les lipides véhiculent également les vitamines lipo-solubles (A, D, E, K).

Concernant les acides gras essentiels, le chien n’est pas en capacité optimale de transformer les ALA en EPA et DHA. Or les EPA et DHA ne se trouvent que dans les lipides d’origine animale. D’autre part les lipides d’origine végétale sont généralement très/trop riches en oméga 6. Or le ratio oméga 3/oméga 6 idéal est de 1 pour 5. Apporter des huiles végétales a pour effet de déséquilibrer ce ratio déjà mis à mal par les modes de production modernes. Oméga 3 et Oméga 6 entrent en concurrence au profit des Oméga 6 lesquels ont un rôle inflammatoire. La plupart des maladies dites de société sont des maladies inflammatoires. De là a en tirer des conclusions, ce serait faire un raccourci un peu trop rapide. Certains auteurs le font pourtant.

 

Les minéraux ont tous un rôle structurel et fonctionnel.

Le Calcium contribue à la croissance, la solidité du squelette, la contraction nerveuse, la conduction nerveuse et le métabolisme.
Le Phosphore contribue à la solidité du squelette et au métabolisme énergétique.
Le Potassium contribue à l’équilibre hydro-électrique et aux échanges membranaires.
Le Sodium contribue à l’équilibre hydro-électrique, aux échanges membranaires et à l’appétence.
Le Chlore contribue à l’équilibre hydro-électrique et aux échanges membranaires.
Le Magnésium contribue à la contraction musculaire.

Pour chacun de ces minéraux des apports quotidiens recommandés ont été établis. Il faut toutefois savoir qu’il y a des ratios à respecter. Cela rend la complémentation anarchique extrêmement risquée.

Les minéraux sont rassemblés sous le terme de “cendres” au niveau de l’étiquetage. Ces cendres ne doivent pas dépasser 9 %.

 

Les vitamines ont toutes un rôle fonctionnel. Elles peuvent être hydrosolubles (véhiculées par l’eau) ou liposolubles (véhiculées par les lipides). La plupart ne résiste pas aux procédés industriels de fabrication (cuisson-extrusion) et doivent donc être intégrées sous une forme plus résistante : les vitamines de synthèse.

La vitamine A contribue à la croissance, l’entretien et le renouvellement des tissus et à la vision nocturne.
La vitamine D contribue à la croissance et au métabolisme calcique.
La vitamine E est anti-oxydante.
La vitamine K contribue à la coagulation.
Les vitamines du groupe B contribuent au métabolisme cellulaire et énergétique
La Choline (anciennement classée dans le groupe B) contribue au métabolisme des lipides.

 

Les fibres ont un rôle fonctionnel et un rôle technologique dans le procédé de fabrication des croquettes puisqu’elles contribuent à la cohésion du produit fini. Les fibres peuvent être fermentiscible (solubles) ou non fermentiscibles (insolubles). Selon le cas leur rôle diffère.

Les fibres fermentiscibles ont la capacité de « retenir » l’eau et rendent généralement les matières fécales plus molles. Des exemples de fibres solubles sont les pectines de fruits et le psyllium. Bien que les fibres fermentescibles aient une influence importante sur les fonctions motrices intestinales, une trop grande quantité peut facilement causer des problèmes liée à la fermentation.

Certaines fibres fermentiscibles sont prébiotiques et ont ce second rôle fonctionnel qui a particulièrement bonne presse. Les fibres prébiotiques servent de nourriture pour les bonnes bactéries de la flore intestinale en leur fournissant du sucre issu de la fermentation. Elles peuvent ainsi favoriser la croissance de ces bonnes bactéries au détriment de bactéries pathogènes. Cependant chez certains chiens, et notamment chez les grandes races de chiens, une activité de fermentation excessive entraîne très souvent des selles molles.

Les fibres non fermentiscibles augmentent quant à elles le volume fécal mais ne ramollissent pas les matières fécales, car elles n’ont pas la capacité d’absorber l’eau. Elles favorisent dans un moindre mesure la fonction motrice intestinale mais leur intérêt est surtout leur rôle technologique (cohésion du produit fini) et publicitaire puisque la présence de fibres entrent dans les allégations en face de présentation sur les étiquettes croquettes.

 

A propos de la pulpe de betterave.

On retrouve régulièrement de la pulpe de betterave dans la composition des croquettes. Celle-ci est une déchet de l’industrie sucrière recyclée et valorisée par l’industrie petfood. Elle apporte des fibres fermentiscibles et non fermentiscibles. Selon les chiens et la quantité ajoutée dans la recette elle produira donc les effets connus de la présence de fibres fermentiscibles : optimisation de la matière fécale, nourriture de la flore ou inversement selle molle liée à une fermentation trop longue. La pulpe de betterave n’est pas listée dans les sources les plus intéressantes de fibres fermentiscibles prébiotiques. On imagine bien par ailleurs que la proportion de fibres fermentiscibles est moindre compte tenu de leur propriété qui est de retenir l’eau ce qui va à l’encontre du procédé d’extrusion.

La question majeure de la digestibilité

 

Fournir des nutriments ne garantit pas qu’ils soient exploités. Pour cela ils doivent être digestes et bio-disponibles c’est à dire que le chien doit être équipé du matériel et de la fonction pour en extraire la quintessence. Sur le papier certains produits apportent des nutriments mais dans les faits ceux-ci sont inexploitables, incomplets voire contre-indiqués.

C’est le cas des protéines ayant subi une cuisson à très haute température. Non seulement une partie des nutriments est dégradée mais cela produit des substances cancérogènes.

C’est le cas de certaines protéines animales appartenant aux sous-produits. Elles sont carencées en certains acides aminés à l’exemple du collagène.

C’est le cas des protéines d’origine végétale qui n’apportent pas tous les acides aminés essentiels au chien comme nous l’avons déjà évoqué. A ce propos donner une alimentation Vegan à son chien le condamne à développer des carences et par conséquent à développer des pathologies. Autant ne pas prendre de chien dans ce cas si on ne supporte pas l’idée qu’il soit un carnivore et doive manger de la viande.

C’est le cas aussi pour certains lipides d’origine végétale riches en oméga 6 déjà trop présents dans l’alimentation en général. Ceux qui apportent des oméga 3 (l’huile de lin par exemple) les apportent sous forme d’ALA dont le chien tire mal profit. Apporter des ALA n’a donc pas de sens et ne rétablira pas le ratio 1 pour 5 entre oméga 3 et oméga 6.

 

Et nos glucides dans tout ça ?

Certains glucides sont dits digestes et affichent même des taux de digestibilité de l’ordre de 90%. On pourrait se dire que c’est parfait sauf que rien n’est dit sur l’effort qu’il aura fallu fournir pour les digérer ni sur les effets sur la glycémie.

Le glucose est le carburant universel de toutes les cellules. Il est vital et fait d’ailleurs l’objet d’une régulation permanente garantissant un taux de glucose relativement fixe dans le sang. La régulation de la glycémie fait appel à l’insuline produite par le pancréas. Quand le taux de glucose dans le sang dépasse la norme il est immédiatement transformé et stocké sous forme de graisses pour un usage ultérieur sous l’effet de l’insuline. Quand le taux est trop bas les graisses sont retransformées en glucose sous l’effet du glucagon également produit par le pancréas. C’est une des raisons d’être des graisses stockées : servir de source de glucose pour maintenir le taux de sucre dans le sang dans les normes. Seulement c’est aussi une des raisons d’être du diabète quand la production d’insuline défaille à force d’hyperglycémies répétitives !

La particularité des carnivores est de tirer leur énergie des protéines et des graisses. La Nature étant bien faite elle a prévue qu’ils soient en mesure de stocker et déstocker rapidement et facilement des graisses. Ainsi les chiens sont capables de consommer de grosses quantités de nourriture, de stocker le surplus d’apport énergétique dans leur tissu adipeux puis de le déstocker juste ce qu’il faut au fur et à mesure de leurs besoins et cela sans consommer 1 g de glucides.

Et oui le glucose ne provient pas que des glucides.

 

Il ne faut pas confondre glucose et glucides !

 

Il existe plusieurs types de glucides. Les rapides et les complexes. Les rapides ne sont ni plus ni moins que du sucre, c’est à dire presque du glucose. Ils ont pour effet de faire monter la glycémie. Les céréales ou les légumineuses hautement transformées sont des sucres rapides. Concernant les glucides complexes, ils demandent du temps et du travail pour devenir la forme élémentaire exploitable par l’organisme. C’est pourquoi on les appelle les sucres lents. Qui dit temps et travail dit digestion plus longue et surtout dit amylase en quantité. L’amylase est  l’enzyme pancréatique (encore le pancréas !) qui permet de transformer l’amidon en glucose. C’est là que le bat blesse puisque les chiens produisent beaucoup moins d’amylase que les humains (voir presque rien pour certaines races et certains individus). Leur salive n’en contient pas et leur pancréas n’en fabrique qu’en fonction du nombre de copies du gène AMYB2 reçu en héritage génétique. Selon cette génétique, la digestibilité  et le bon fonctionnement du pancréas, une partie plus ou moins importante des glucides ira fermenter dans l’intestin. La caractéristique des aliments comportant trop de glucides comparés à la capacité à les digérer est l’odeur particulièrement nauséabonde des selles due à cette fermentation.

 

 

Ce qu’il faut savoir et retenir à propos de la digestibilité des glucides c’est que :

Un aliment industriel composé d’un taux de glucides élevé oblige le chien à produire de l’amylase en quantité importante ce qui pose la question de cette production “contre nature” malgré la capacité plus ou moins importante du pancrés à en produire.

Cela pose la question de la fonction pancréatique qui est sur-exploitée.

Cela pose aussi la question des glucides indigestes et de la fermentation dans l’intestin.

Cela pose enfin la question de la glycémie. Une alimentation à base de protéInes et de graisses ne produit pas de variations importantes de la glycémie dans le sang car elle ne génère pas un afflux de glucose. A l’inverse les aliments riches en sucre et notamment en sucres rapides comme ceux à base de céréales ou légumineuses ultra transformées génèrent des hausses rapides et importantes de la glycémie. Quid à nouveau de la fonction pancréatique en tant que productrice de l’insuline cette fois ? Et si le problème de l’obésité et du diabète chez le chien trouvait un début de réponse ici ?

 

Et pour apprécier plus globalement la digestibilité d’un aliment on dispose de deux moyens infaillibles d’appréciation

  1. Le volume des selles qui indique la proportion de déchets après digestion et assimilation
  2. l’odeur des selles qui indique s’il y a eu fermentation, signe de mal digestion

 

Les industriels comptent sur le fait que ne vous préoccuperez pas de la digestibilité de l’aliment et vous contenterez de surveiller le poids de votre chien.

 

Parenthèse à propos de l’énergie métabolisable

 

L’aliment doit apporter de l’énergie dans les quantités idéales pour assurer le fonctionnement de l’organisme et permettre les activités mais sans excès pour ne pas générer de surpoids.

Certaines étiquettes indiquent l’énergie métabolisable de l’aliment. Cette valeur est a rapprocher des besoins du chien. Pour les amateurs des calculs, il existe une équation pour calculer ce besoin (132 x Poids idéal du chien à l’exposant 0,75 pour un chien adulte  normalement actif) mais on peut aussi considérer que 30 à 35 Kcal/kg/j couvrent ces besoins. 35 Kcal/kg/j est la formule consacrée.

Pour un chien de 30 kg cela représente environ 1050 kcal/j

Ainsi si un aliment apporte 3500 Kcal/kg on fait une règle de 3 en divisant le besoin journalier du chien par l’apport énergétique au kilo puis on multiplie par 1000 pour obtenir la quantité en grammes à lui distribuer chaque jour.

1050 divisé par 3500 multiplié par 1000 donne 300 g de cette croquette. Ce sera évidemment à vérifier en contrôlant le poids qui ne doit pas varier. Si le poids bouge il faudra adapter la quantité en conséquence. A noter qu’il est rare qu’un industriel conseille la bonne quantité. Généralement il se prend une bonne marge de manoeuvre en conseillant plus que nécessaire car entre l’EM indiquée sur le papier et ce dont profite réellement le chien il y a une sacrée différence.

C’est toujours sur l’énergie métabolisable que se fonde le fabricant pour préconiser des quantités car le fabricant compte sur le maintien du poids. Plus un aliment est “riche” plus il apporte de l’énergie métabolisable et moins il faudra en donner. Par conséquent plus il faut en donner moins l’aliment est riche. Certains produits discount dont le prix est attractif reviennent beaucoup plus cher que d’autres si on compare le véritable coût par jour.

 

Ce qu’il faut savoir et retenir à propos de l’énergie métabolisable c’est que :

Son rôle est de fournir du carburant à l’organisme. Si cette énergie est fournie en quantité suffisante, le poids ne bouge pas. Seulement le poids n’est pas gage de bonne santé en soi.

 

L’énergie métabolisable ne dit rien absolument de la qualité nutritionnelle d’un aliment.

 

Eventuellement elle dit que le produit est “pauvre” ou elle dit que le produit est “riche”. C’est comme si au restaurant on me disait que pour ne pas grossir ni maigrir je peux me nourrir de trois hamburgers tous les jours. Certes mon poids restera stable mais sur le plan nutritionnel je risque vite d’être en carence pour certains nutriments et en excès pour d’autres.

 

Différence entre apport énergétique attendu et énergie métabolisable

 

Cette différence mérite son paragraphe car c’est elle qui va aussi vous donner des indications sur la digestibilité Elle est réservée aux adeptes des calculs.

L’apport énergétique attendu se calcule assez simplement. 1 g de protéine apporte 4 KCal, 1 g de matières grasses apporte 9 KCal et 1 g de glucides apporte 4 KCal. Après avoir calculé le taux de glucides il suffit de faire les multiplications et d’ajouter les calories apportées par chaque groupe de nutriments.

Pour reprendre un des exemples cité dans le comparatif, pour 100 g de croquettes on a 21,5 g de protéines, 14,9 g de lipides et 54 g de glucides. On multiplie 21,5 par 4, 14,9 par 9 et 54 par 4 et on obtient un total de 436,1 KCal pour 100 g ce qui revient à 4361 KCal/kg. Or la marque annonce 3720 KCal/kg ce qui représente une perte de 15%. Dores et déjà on sait que 15% des apports ne sont pas métabolisables donc partiront en déchets.

Pour les marques qui ne communiquent pas l’énergie métabolisable (le propre des marques de mauvaise qualité) le calcul est un peu plus complexe mais il est possible de le faire. Dans un premier temps on calcule l’apport énergétique attendu en fonction des taux de protéInes, matières grasses et glucides. Dans un second temps on calcule quelles quantités seraient à donner en fonction du poids du chien et en considérant qu’il lui faut 35 KCal/Kg/j. Dans un troisième temps on compare ces quantités avec celles préconisées par l’industriel. Plus la différence est importante, moins les apports sont métabolisables.

 

Une différence importante entre apports énergétiques attendus et énergie métabolisable fait craindre une différence tout aussi importante entre apports nutritionnels annoncés et apports nutritionnels réels.

Quelques comparatifs

 

Cet article ne serait pas complet sans un petit comparatif illustrant nos propos. Afin de limiter le risque de poursuites (^^) nous avons pris pour chaque catégorie de produits 3 exemples sans indiquer à quel exemple correspondait la composition citée. Il vous sera facile de la retrouver en faisant quelques recherches sur la toile ou directement en magasin.

Les taux sont indiqués en pourcentages nets. Dans certains cas pour comparer réellement les produits et tenir compte de leur taux d’humidité, il faudra calculer les pourcentages bruts, c’est à dire les pourcentages par rapport à la matière sèche (MS).

Pour calculer la matière sèche on déduit le pourcentage d’humidité du produit de 100. (exemple pour 8,5% d’humidité on a 91,5% de MS).

Pour calculer le taux brut, on divise le taux net par la MS et on multiplie par 100 (exemple pour le même produit qui annonce 21,5% de taux de protéines net on obtient 21,5 / 91,5 x 100 = 23,5% de taux de protéines brut).

 

A titre d’exemple référence la viande comporte en moyenne 20% de protéines nets pour un taux d’humidité de l’ordre de 65%. La matière sèche est donc égale à 35%. Cela nous donne 20 / 35 x 100 = 57% de protéines brutes. La viande comporte aussi en moyenne 12% de matières grasses. Cela nous donne 34% de matières grasses brutes.

57% de protéines brutes/MS d’origine animale composées de viandes, os et abats ainsi que 34% de matières grasses brutes/MS d’origine animale sont la référence en matière d’alimentation adaptée et équilibrée pour un carnivore, les 9% restant étant l’équivalent des minéraux que l’on retrouve sous l’appellation cendres sur les étiquettes et des vitamines. N’oublions pas que le carnivore libre consomme aussi des baies, des herbes, des racines et même des déjections d’herbivores pour assurer son apport en fibres et en vitamines autres.

Rapportés à un aliment déshydraté comportant en moyenne 10% d’humidité cela revient à attendre 51,3% de protéines nets et 30,6% de matières grasses nets en faisant le calcul inverse (taux brut x 100 / la différence entre 100 et le taux d’humidité). Evidemment ces valeurs sont impossibles à atteindre car elles ne laissent pas la place à un taux de glucide suffisant pour permettre le procédé de fabrication.

Nous voyons déjà poindre les remarques sur ce taux référence extrêmement élevé de protéines, lesquelles protéines sont diabolisées par les vétérinaires et accusées d’être en cause dans les insuffisance rénales. Certes en cas d’insuffisance rénale il faudra revoir l’apport en protéines mais plus que la quantité c’est au niveau de la qualité qu’il faudra les revoir. On cherchera surtout à diminuer le phosphore et à éliminer le phosphore inorganique, celui qui est ajouté … dans l’alimentation industrielle. Pour autant, un chien dont les reins fonctionnent bien n’aura aucun mal avec un tel taux de protéines puisque c’est un carnivore. Ce qui affecte les reins est multiple et loin d’être exclusivement alimentaire (sauf aliments cuits à haute température ou constitué majoritairement de sous-produits). L’hydratation est en cause. La génétique est aussi en cause. Aucune étude n’est encore parvenue à montrer la toxicité de la viande dans le régime alimentaire d’un carnivore et même les organismes chargés de fixer les apports nutritionnels recommandés s’accordent sur l’absence de plafond en matière de protéines. On retrouve d’ailleurs dans les aliments industriels humides des taux de protéines assez proches de ceux présents dans la viande.

Nous en voulons pour preuve cet aliment se réclamant “Health nutrition” affichant un taux de protéines brut de 7,5% ce qui revient à près de 40% par rapport à la matière sèche.

La marque dont la politique commerciale est basée sur le capital confiance accordé à ses allégations santé et sur une armada de nutritionnistes élaborant des recettes saines ne se risquerait pas à proposer un aliment trop riche en protéines. Si elle le fait c’est que de tels taux ne sont pas trop élevés.

Les aliments secs

 

Catégorie croquettes dites premium, haut de gamme plébiscitées voire vendues par de nombreux éleveurs, vétérinaires etc.

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

Composition 1 :

Maïs, froment, protéines déshydratées de poulet (26 %) et de dinde, graisses animales, hydrolysat, farine de gluten de maïs, huile de soja, minéraux, pulpe de betterave séchée, graines de lin, vitamines, oligo-éléments et bêta-carotène. Avec un antioxydant naturel (mélange de tocophérols).

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 21,5%. Matière grasses : 14,9%. Humidité : 8,5%. Fibres/cellulose : 1,7%. Calcium : 0,71%. Phosphore : 0,63%. Oméga 3 : 0,49%. Omega 6 : 3,52% Energie métabolisable : 3720.

Ce qui nous donne un taux de glucides supérieur à 43%

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients il est fort probable que les protéines sont majoritairement d’origine végétale.

Composition 2 :

Protéines de volaille déshydratées, blé, maïs, poulet (14%), graisse animale, pulpe de betterave déshydratée, farine de soja, gruau de maïs, riz (4%), hydrolysatgluten, sels minéraux, huile de poisson.

Valeur nutritionnelle 2 :

Humidité : 9,5%. Protéines : 25%. Matières grasses : 15%. Glucides : 40,5%. Cellulose : 2,5%. Cendres : 7,5%.

Il manque 5,8% pour atteindre les 100%. Où sont-ils ? mais la marque a le mérite d’annoncer la couleur au niveau glucides.

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients il est fort probable que les protéines sont majoritairement d’origine végétale.

Composition 3 :

Viandes de volaille déshydratées, farine de blé, farine de maïs, maïs, blé, graisses animales, hydrolysat de protéines animales, protéines de porc déshydratées, pulpe de betterave, huile de poisson, huile de soja, levures, sels minéraux, hydrolysat de levures (source de manno-oligo-saccharides), poudre d’œufs

Valeur nutritionnelle 3 :

Humidité : 9,5%. Protéines : 25%. Matières grasses : 14%. Glucides : 44,8%. Cellulose : 1,3%. Cendres : 6,1%.

On obtient 100,7% mais la marque a le mérite d’annoncer la couleur au niveau glucides.

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients il est fort probable que les protéines sont majoritairement d’origine végétale.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits ont des taux très élevés de glucides.

Dans la composition 1 maïs et froment viennent avant les protéines de poulet annoncées pour 26% ce qui signifie qu’il y a plus de 26% de maïs et plus de 26% de froment soit déjà plus de 52% de céréales. On a pas la source des hydrolysats ni des graisses animales et on nous parle de protéines de poulet déshydratées (= sous-produit). Il n’y a aucune mention de viande donc pas de muscle dans cette composition.

Dans la composition 2 ce sont des protéines de volailles déshydratées qui arrivent en tête de liste mais on ne sait pas de quelle espèce. Cela permet de regrouper en un seul ingrédient ces fameuses protéines et de les placer en tête de liste Juste derrière arrivent les céréales en quantité forcément supérieure à 14% chacune. On n’a pas la source des hydrolysats ni des graisses animales.

Dans la composition 3 on trouve (enfin) des viandes de volailles déshydratées mais on ne sait pas de quelle espèce. Cela permet de regrouper en un seul ingrédient ces fameuses viandes et de les placer en tête de liste. Juste après viennent des farines et des céréales sous des formes différentes alors que l’espèce est la même. C’est l’illustration de ce que l’on vous disait plus haut sur l’astuce qui consiste à décliner les ingrédients sous des formes différentes afin de les déplacer derrière les protéines animales. Certainement que si on ajoute farine de blé et blé on dépasse la viande de volailles. Idem pour le maïs. On retrouve aussi plusieurs types d’hydrolysats.

Dans les 3 cas on est sûr que les protéines sont majoritairement d’origine végétale ce qui pose la question de leur intérêt nutritionnel. Dans les 3 cas on a des taux de protéines et de matières grasses très inférieurs aux taux référence. Alors même si la viande couvre environ 2 fois les besoins en acides aminés ce qui permet d’admettre que 2 fois moins de viande est suffisant, un taux 2 fois inférieur est nettement insuffisant lorsque la source principale est végétale.

Catégorie croquettes de marques vendues en supermarché

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

Composition 1 :

Céréales (céréales complètes 64 %), viandes et sous-produits animaux (8 %*), sous-produits d’origine végétale, huiles et graisses, extraits de protéines végétales, substances minérales.
* Equivalent à 16 % de viandes et de sous-produits animaux réhydratés, avec minimum 4 % de bœuf.

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 21%. Matière grasses : 10%. Fibres/cellulose : 3 %. Cendres : 8%

Ce qui nous donne un taux de glucides d’environ 48% si on considère 10% d’humidité.

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients les protéines sont presque uniquement d’origine végétale.

Composition 2 :

Grains (y compris 4% de blé), sous-produits de légumes, viande et sous-produits d’animaux (y compris 4% de viande fraîche, y compris 4% de bœuf), huile et graisse (y compris 1% d’huile de tournesol, y compris 0,25% d’huile de poisson), légumes (4% de carottes) ), substances minérales, extraits de protéines végétales, poisson et sous-produits de poisson.

Valeur nutritionnelle 2 :

Humidité : 19%. Protéines : 17%. Matières grasses : 16,5%. Cellulose : 2%. Cendres : 7%.

Ce qui nous donne environ 38,5% de glucides. Toutefois il faut relativiser ce taux moindre car le taux d’humidité du produit est de 19%. Si on fait le calcul par rapport à la matière sèche on obtient plus de 47% de glucides bruts soit l’équivalent de 42% nets si le produit avait, comme les autres, un taux d’humidité avoisinant les 10%.

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients les protéines sont presque uniquement d’origine végétale.

Composition 3 :

Céréales, viande et sous-produits d’origine animale (18 %, dont 4 % bœuf dans les morceaux marrons), huiles et graisses (dont 0,4 % huile de tournesol), extraits de protéines végétales, sous-produits d’origine végétale (dont 1 % pulpe de betterave déshydratée), minéraux, légumes (4 % carottes dans les morceaux oranges, 4 % pois dans les morceaux verts).

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines : 21%. Matières grasses : 13%. Cellulose : 1,8%. Cendres : 7,5%.

Ce qui nous donne plus de 46% de glucides si on considère environ 10% d’humidité.

Compte tenu de la présence massive de céréales dans les ingrédients il est plus que probable que les protéines sont majoritairement d’origine végétale.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits ont des taux très élevés de glucides.

Dans les 3 compositions les céréales viennent en tête de liste et on trouve essentiellement des sous-produits animaux et même végétaux. Les espèces ne sont pas indiquées ou quand elles le sont ce sont avec des taux dérisoires.

Dans les 3 cas on est sûr que les protéines sont presque uniquement d’origine végétale ce qui pose la question de leur intérêt nutritionnel. Dans les 3 cas on a des taux de protéines et de matières grasses très inférieurs aux taux référence. 

Ces 3 produits sont une catastrophe sur le plan nutritionnel ! C’est une alimentation qui conviendrait parfaitement à des poules par contre.

De notre point de vue, un vétérinaire qui aurait vent que son patient est nourri de la sorte devrait alerter les propriétaires et les informer des conséquences sanitaires à moyen terme.

Catégorie croquettes sans céréales vendues en direct, en animalerie et en supermarché

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

Composition 1 :

Volaille déshydratée (30%), graisse de poulet (13%), pois (12%), porc déshydraté (11%), poisson déshydraté (10%), fécule de pomme de terre (7%), tapioca (7%), cosse de caroube (2,5%), huile de saumon (1,5% dont 5% DHA), levure de bière (1,2%), œuf déshydraté (1,2%), pulpe de betterave (1%), graine de lin (1%), luzerne, chlorure de sodium, fructo et manno-oligosaccharides, sulfate de chondroïtine et glucosamine, ascophyllum nodosum, plantes (thym, fleur de camomille, fenouil, échinacée), lécithines.

Valeur nutritionnelle 1 :

Humidité : 8,5%. Protéines : 40%. Matière grasses : 20%. Fibres/cellulose : 2,5 %. Cendres : 9,5%

Ce qui nous donne un taux de glucides inférieur à 20% .

Composition 2 :

Autruche fraîche, désossée (26 %), agneau séché (20 %), dinde séchée (20 %), graisse de poulet (conservée par des tocophérols, 9 %), citrouille, pois chiches, pois, foie de poulet (3 %), huile de saumon (2 %), pommes, carottes, graine de lin, coquilles de crustacés hydrolysées (source de glucosamine, 0,026 %), extrait de cartilage (source de chondroïtine, 0,016 %), levure de bière (source de manno-oligosaccharides, 0,015 %), racines de chicorée (source de fructo-oligosaccharides, 0,01 %), Yucca schidigera (0,01 %), algues (0,01 %), psyllium (0,01 %), thym (0,01 %), romarin (0,01 %), origan (0,01 %), airelles (0,0008 %), myrtilles (0,0008 %), argousier (0,0008 %), racine de gingembre (0,0008 %), sauge (0,0008 %).

Valeur nutritionnelle 2 :

Humidité : 10%. Protéines : 30%. Matières grasses : 17%. Cellulose : 3,5%. Cendres : 8,2%.

Ce qui nous donne environ 31,3% de glucides.

Composition 3 :

Protéines de volaille déshydratées, amidon de pomme de terre, dinde fraîche (10%), pois, demi pois, graisse de volaille, hydrolysat de viandes, protéines de dinde déshydratées (4%), pulpe de betterave déshydratée, graine de lin, fibre végétale, minéraux, protéines de saumon déshydratées, huile de poisson, levure de bière, pommes déshydratées, carottes déshydratées, brocolis déshydratés, épinards déshydratés, canneberges déshydratées, myrtilles déshydratées, extrait de Yucca Schidigera, probiotique.

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines : 33%. Matières grasses : 15%. Cellulose : 4%. Cendres : 8,5%.

Ce qui nous donne plus de 39,5% de glucides si on considère environ 10% d’humidité.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits bien que sans céréales ont des taux relativement élevés de glucides à l’exception de la composition 1.

Dans la composition 1 les protéines animales sont en tête de liste sauf que les espèces ont été regroupées sous l’appellation volailles. Les graisses sont d’origine animale. Les glucides sont majoritairement sous forme de légumineuses réputées légèrement moins digestes que les céréales mais ayant le mérite d’éviter les problèmes de sensibilité au gluten et de ne pas faire exploser la glycémie si elles ne sont pas transformées à l’extrême. Les légumineuses apportent souvent davantage de micro-nutriments mais sont autant vectrices, voire plus, de mycotoxines. Le taux de cendres est un peu élevé.

Dans la composition 2 chaque espèce animale est identifiée. La composition est particulièrement transparente. Beaucoup d’ingrédients ont une connotation santé. Le soucis du détail a été poussé jusqu’à indiquer le pourcentage de chaque additif naturel. Libre à chacun d’apprécier le choix de l’industriel ou de suspecter que derrière cette profusion d’informations se cache surtout de la pure politique commerciale (où est l’intérêt d’annoncer des taux de 0,0008% ?). Le taux de glucides reste élevé tout de même.

Dans la composition 3 les protéines animales sont en tête de liste mais sous forme de protéines déshydratées et sans que les espèces ne soient identifiées. On trouve de l’amidon de pommes de terre en second ingrédient, un sucre rapide par excellence. Le taux de fibres est très important ce qui pose la question des fibres fermentiscibles source de selles molles chez certains chiens si présentes en trop grande quantité. Le taux de glucides se rapproche des produits avec céréales cités plus haut donc l’intérêt nutritionnel est moindre comparés aux deux autres. L’industriel cherche davantage à surfer sur la “mode” du sans céréales qu’à produire un aliment plus intéressant sur le plan nutritionnel.

Dans les 3 cas on reste très en dessous des taux référence en matière de protéines et matières grasses.

Catégorie croquettes “discount” vendues en supermarché

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

Composition 1 :

Céréales, viandes et sous-produits animaux (dont bœuf 4% issu de bœuf déshydraté dans les croquettes au bœuf), sous-produits d’origine végétale, huiles et graisses, substances minérales, légumes (dont légumes verts 4% dans les croquettes aux légumes verts et carottes 4% issues de carottes déshydratées dans les croquettes aux carottes)

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 22%. Matière grasses : 12%. Fibres/cellulose : 3 %. Cendres : 9%

Ce qui nous donne un taux de 44% de glucides en considérant un taux d’humidité de 10%

Composition 2 :

Céréales, viandes et sous-produits animaux (4% bœuf), sous-produits d’origine végétale, légumes (2% petits pois), huiles et graisses, substances minérales, additifs

Valeur nutritionnelle 2 :

Protéines : 22,5%. Matières grasses : 8%. Cellulose : 2,5%. Cendres : 7,5%.

Ce qui nous donne 49,5% de glucides en considérant un taux d’humidité de 10%

Composition 3 :

Céréales, sous-produits d’origine végétale, viandes et sous-produits animaux (dont bœuf déshydraté 15%), huiles et graisses, substances minérales.

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines : 20%. Matières grasses : 6%. Cellulose : 4%. Cendres : 8,5%.

Ce qui nous donne plus de 51,5% de glucides si on considère environ 10% d’humidité, le pire taux de glucides de ce comparatif.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits ont des taux très élevés de glucides. L’un d’eux dépasse même les 50% !

Dans les 3 compositions les céréales viennent en tête de liste et on trouve essentiellement des sous-produits animaux et même végétaux. Les espèces ne sont pas indiquées ou quand elles le sont ce sont avec des taux dérisoires.

Dans les 3 cas on est sûr que les protéines sont presque uniquement d’origine végétale ce qui pose la question de leur intérêt nutritionnel. Dans les 3 cas on a des taux de protéines et de matières grasses très inférieurs aux taux référence. 

Ces 3 produits sont également une catastrophe sur le plan nutritionnel ! C’est à la limite du scandale alimentaire.

De notre point de vue, un vétérinaire qui aurait vent que son patient est nourri de la sorte devrait alerter les propriétaires et les informer des conséquences sanitaires à moyen terme.

Les aliments humides

 

Pour pouvoir comparer les aliments humides l’idéal est de calculer les taux par rapport à la matière sèche car leur taux d’humidité peut différer de beaucoup. Pour chacun d’eux nous vous donnerons donc les taux annoncés par les industriels sur les étiquettes et le taux par rapport à la matière sèche.

L’intérêt des aliments humides résident évidemment dans leur taux d’humidité. Contrairement aux croquettes ces aliments ne sont pas déshydratés. La présentation sous forme humide ne requiert pas non plus l’ajout de glucides car la résistance à la manipulation n’est plus requise. Ajouter des céréales aux préparations humides démontre combien c’est la recherche de protéines moins chères qui est visée.

Catégorie aliment humide sans céréales

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

 

Composition 1 :

Viandes et abats frais (agneau 56%, jambon italien 10%), jus de cuisson (28,8%), haricots verts (4%), minéraux (1%), huile de lin.

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 10,5%. Matière grasses : 6,7%. Fibres/cellulose : 0,4 %. Cendres : 2,4%. Humidité : 75%

Ce qui nous donne quand même un taux de 5% de glucides dans un produit qui n’en a pas besoin sur le plan technologique.

soit par rapport à la matière sèche, protéines : 42 % et  matières grasses : 26,8% ce qui n’est pas très éloigné des taux référence offert par la viande respectivement de 57 et 34%.

Composition 2 :

65 % d’agneau (composés de cœurs, de viande, de poumons et de foie), 30,6 % de bouillon, 3 % de potiron, 1 % de minéraux, 0,4 % d’huile de lin

Valeur nutritionnelle 2 :

Protéines : 10,9%. Matières grasses : 7,3%. Cellulose : 0,5%. Cendres : 2%. Humidité 75%

Ce qui nous donne quand même  4,3% de glucides dans un produit qui n’en a pas besoin sur un plan technologique.

Soit par rapport à la matière sèche, protéines : 43,6%, matières grasses : 29,2% ce qui se rapproche des taux référence offert par la viande respectivement de 57 et 34%.

Composition 3 :

poulet 30 %, dinde 26 %, minéraux, carottes 2 %, canneberges 1 %, tomates 1 %, potiron 1 %, pommes 1 %, persil 0,1 %, aneth 0,1 %.

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines : 9%. Matières grasses : 5%. Cellulose : 0,3%. Cendres : 2,2%. Humidité 82%

Ce qui nous donne seulement 1,5% de glucides dans le produit.

Soit par rapport à la matière sèche, protéines : 50%, matières grasses : 23,7% ce qui se rapproche beaucoup des taux référence apportés par la viande.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits ont des taux bas de glucides. L’un d’eux atteint seulement 1,5% ! 

Dans les 3 compositions les produits animaux viennent en tête de liste et on trouve essentiellement des légumineuses en compléments de ces produits

Dans les 3 cas on est sûr que les protéines sont presque uniquement d’origine animale. Dans les 3 cas on a des taux de protéines et de matières grasses relativement proches des taux référence offerts par la viande. 

Les taux d’humidité sont dans les normes pour une digestion optimale.

Finalement la seule chose que l’on peut reprocher à ces produits est d’être industriels et de poser la question du mode de cuisson (haute température ?) et des additifs technologiques éventuels.

 

Catégorie aliment humide vendu en supermarché ou en animalerie

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

 

Composition 1 :

Viandes et sous-produits animaux (55%, dont naturels* 95%, dont poulet 4%, foie de poulet 4%), céréales, substances minérales, sous-produits d’origine végétale, extraits de protéines végétales. *ingrédients naturels.

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 9,5%. Matière grasses : 4,5%. Fibres/cellulose : 0,5 %. Cendres : 2,5%. Humidité : 80%

Ce qui nous donne quand même un taux de 3% de glucides dans un produit qui n’en a pas besoin sur le plan technologique.

Soit par rapport à la matière sèche, protéines : 47,5 % et  matières grasses : 22,5% ce qui nous rapproche des taux référence apportés par la viande.

Composition 2 :

Viande et sous-produits (dont poulet 4%), céréales, oeufs et ovoproduits, substances minérales

Valeur nutritionnelle 2 :

Protéines : 7,5%. Matières grasses : 0,5%. Cellulose : 4,5%. Cendres : 2%. Humidité 81%

Ce qui nous donne quand même  4,5% de glucides dans un produit qui n’en a pas besoin sur un plan technologique.

Soit par rapport à la matière sèche, protéines : 39,5%, matières grasses : 2,63% ! Si le taux de protéines est relativement acceptable comparé au taux référence apporté par la viande, le taux de matières grasses est beaucoup trop bas.

Composition 3 :

Viandes et sous-produits animaux (23% dont boeuf 4%), légumes (dont carottes 4%), céréales, huiles et graisses, substances minérales.

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines : 5%. Matières grasses : 4,5%. Cellulose : 0,3%. Cendres : 2,5%. Humidité 81%

Ce qui nous donne quand même plus de 6,7% de glucides dans un produit qui n’en a pas besoin sur le plan technologique.

soit par rapport à la matière sèche, protéines : 26,3%, matières grasses : 23,7% ce qui est très éloigné des taux référence apporté par la viande.

Si on analyse rapidement ces 3 compositions on note que les 3 produits ont des taux plutôt bas de glucides. L’un d’eux atteint 6,7% par contre ce qui ne se justifie pas dans un aliment humide.

Dans les 3 compositions les produits animaux viennent en tête de liste sous la forme de viandes et de sous produits dont l’espèce n’est pas identifiée. Viennent ensuite des céréales.

Dans les 3 cas on a une origine animale pour les protéines mais la présence de sous-produits ne garantie pas des apports en acides aminés essentiels. Dans les 3 cas on a des taux de protéines proches des taux référence offert par la viande. Par contre au niveau matières grasses c’est incompréhensible au niveau de la composition 2. L’apport en énergie métabolisable s’en ressent et oblige à une consommation importante.

Les taux d’humidité sont dans les normes pour une digestion optimale.

Ces aliments humides vendus en supermarché n’égalent pas ceux précédemment présentés mais sont quand même une bien meilleure alternative que les aliments secs du fait de leur taux d’humidité et de leurs taux de protéines de source animale.

Il est désormais possible d’acheter des rations dites ménagères toutes prêtes. Elles n’ont rien de ménagères puisqu’elles sont fabriquées par des industriels mais elles ont le mérite de reprendre la composition habituellement recommandées pour de telles rations. Deux marques se partagent le gâteau.

Catégorie rations ménagères toute prêtes vendues en ligne

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

Composition 1 :

Poulet 60% (viande musculaire, coeur, foie), Carottes, Courgettes, Patates Douces, Quinoa, Huile de colza, Complexe minéral et vitaminé.

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines 16,1%, Lipides 6,1%, Glucides 4,2%, Fibres 1,1%, Cendres 0,8%, Humidité 72,0%, Ratio CA:P 1,2

Soit par rapport à la matière sèche, pour pouvoir comparer avec des viandes, protéines : 57,5% (= à la viande), matières grasses : 21,8%. (très inférieur à la viande).

Composition 2 :

Poulet frais (55% – cuisse, gésier, foie), Carottes (18%), Haricots (15%), Riz (4%), Panais (2%), Courgettes (2%), Huile d’olive (1%), Graines de Chia

Valeur nutritionnelle 2 :

fournie directement par rapport à la matière sèche :

Protéines d’origine animale (44%), Protéines d’origine végétale (3%), Graisses (16%), Matières minérales (6%), Cellulose brute (5%), Calcium (1,5%), Phosphore (0,9%), Omega 6 (2,8%), Omega 3 ALA (0,2%), Omega 3 EPA DHA (0,8%).

Soit approximativement 23% de glucides bruts. cette ration est très proche des rations ménagères faites maison selon les préconisations habituelles.

Si on analyse rapidement ces 2 produits, les 2 seuls que nous avons trouvé qui proposent des recettes standardisée avec composition et valeur nutritionnelle, on remarque que les taux de protéines sont élevés et relativement proches des taux référence. Ce n’est pas vrai par contre pour les taux de matières grasses ce qui a un impact sur l’énergie métabolisable et impose une consommation importante pour maintenir un poids stable.

On remarque que les sources de protéines sont essentiellement d’origine animale ce qui est rassurant au niveau de la couverture des besoins en acides aminés.

Les 2 produits sont annoncés comme étant cuits à basse température ce qui est un plus non négligeable pour préserver les nutriments et limiter les AEG.

Finalement le seul reproche qui peut leur être fait est le coût. Pour ce prix c’est cher payé la préparation et hormis si on refuse obstinément de faire l’effort de confectionner soi même une telle ration, il n’y a pas d’intérêt à confier à autrui quelque chose que l’on peut faire avec encore plus de soin au niveau du choix des matières premières (huile de poisson au lieu de l’huile végétale, plus de variété au niveau des espèces animales, plus de matières grasses et moins de glucides).

 

Ce comparatif aurait été incomplet si nous n’y avions pas ajouté les rations toute prêtes type Barf.

Ces rations sont crues et généralement vendues sous forme surgelée. Le problème de la cuisson ne se pose plus et on est au moins sûr que le produit n’est pas dénaturé par celle-ci. Les taux de protéines et de matières grasses sont évidemment proches des taux référence puisqu’ils sont en fait les taux référence. Encore une fois aucun de ces industriels n’aurait pris le risque de proposer un produit dangereux pour la santé en matière de taux de protéines. Il est évident que c’est aux professionnels s’inquiétant de ces taux de revoir leur copie et d’actualiser leurs connaissances surtout si leur modèle d’alimentation est un modèle riche en glucides.

Catégorie rations BARF toute prêtes vendues en ligne

Rappel : les compositions citées ne correspondent pas exactement aux images des produits ci-dessus. Elles ont été “mélangées”. Pour savoir à quel produit correspond une composition, nous vous invitions à faire des recherches personnelles par internet ou en magasin.

 

Composition 1 :

80% Poulet broyé (viande et os)
5% Cœur de Dinde
5% Foie de Dinde
9% Légumes crus mixés (carottes, courgettes et pommes)
1% Compléments (huile de poisson et levure de bière)

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 17,68%, Lipides : 12,45%, Humidité : 63,76%, Glucides : 0.50%, Fibre : <0.50%, Energie métabolisable : 156Kcal/100g

soit par rapport à la matière sèche, protéines : 48,8%, matières grasses : 34,3% pour cette version au poulet. La version boeuf/poulet de la même marque affiche un taux de protéines par rapport à la matière sèche de 57%.

Composition 2 :

80 % de viande de poulet

20 % d’os.

Valeur nutritionnelle 1 :

Protéines : 14,4%, Lipides : 7,2%, Humidité : 69%, Fibre : 1,2%, Cendres : 1,1%

soit par rapport à la matière sèche, protéines : 46,5%, matières grasses : 23,2%. Le taux de matières grasses par rapport à la matière sèche est relativement bas par rapport aux taux référence ce qui joue sur l’énergie métabolisable et oblige à une plus grande consommation de produit pour maintenir le poids.

Composition 3 :

poulet 69% (viande et os), fruits et légumes 15% (carotte, courgette, épinard, pommes), foie de dinde 5%, coeur de poulet ou dinde 10%, levure de bière, huile de saumon, algues marines (ascophyllum), alfalfa, cynorrhodon.

Valeur nutritionnelle 3 :

Protéines 13.7% ; matières grasses 14.2% ; calcium 0.65% ;phosphore 0.47% ; fibres 0.4% ; matières inorganiques 3% ; humidité 68.4%. Energie métabolisable : 183Kcal/100g.

soit par rapport à la matière sèche, protéines : 43,3%, matières grasses : 44,9% . Le taux de matières grasses par rapport à la matière sèche est très au dessus du taux référence offert par les viandes en moyenne ce qui explique la valeur haute de l’énergie métabolisable. Cet aliment risque de ne pas convenir à des animaux peu actifs ou ayant des difficultés à digérer les graisses.

Si on analyse rapidement ces 3 produits à base de viandes parfaitement identifiées, crues et entières on remarque une certaine disparité entre les taux de matières grasses ce qui permet de choisir un produit en fonction des besoins énergétiques de son chien.

La composition 2 ne comporte pas d’abats ni de légumes ce qui pose la question des fibres et des vitamines. Il faudra en rajouter.

Les taux d’humidité sont acceptables quoiqu’un peu faibles.

Finalement le seul reproche qui peut leur être fait est leur coût élevé. C’est le prix à payer pour ne pas faire l’effort de confectionner soi même de telles rations auxquelles qui plus est on pourrait ajouter de la variété en matière de source animale.

Conclusions

 

Nous espérons qu’à la lecture de cet article vous porterez une attention particulière à l’alimentation que vous proposez à votre chien qui est totalement dépourvu de la possibilité de s’y soustraire et de choisir ce qui lui convient en qualité et quantité.

S’il y a un conseil que l’on peut vous donner c’est de penser acides aminés au lieu de penser protéines. C’est de penser acides gras essentiels au lieu de penser graisses. Et c’est de faire la chasse aux sucres cachés et aux modes de cuisson délétères..

Cette vigilance vous amènera probablement à changer vos habitudes si le bien-être et la santé de votre compagnon sont au coeur de vos préoccupations comme elles sont au coeur des nôtres. Il ne faut jamais oublier que l’alimentation est la première médecine et que même si les industriels se réclament être des protecteurs de cette santé à grand renfort d’allégations, rien de préparé à base d’ingrédients que le chien ne consommerait pas en l’état, rien de hautement transformé et rien de bourré d’intrants chimiques n’égalera jamais la qualité nutritionnelle d’une nourriture fraîche à base de viandes, os charnus et abats, respectant les proportions en matière de minéraux, vitamines, oligo-éléments, protéines et lipides d’origine animale naturellement présents dans l’alimentation ancestrale du chien.

Quelle soit humide ou sèche, l’alimentation industrielle est une pâle copie de l’alimentation crue et fraîche. Elle n’est en rien la norme ni même un progrès sanitaire.

 

A cela s’ajoute l’impact psychologique. Manger tous les jours de sa vie un aliment unique ayant toujours la même saveur, la même odeur, la même texture c’est priver le chien de plaisirs gustatifs. Manger tous les jours de sa vie une nourriture qui ne demande aucun effort de coupage ou de broyage – et là c’est valable aussi pour les rations de type Barf toute prêtes, c’est laisser à l’abandon une dentition faite pour cela avec les conséquences que l’on connait sur l’entartrage, les affections bucco-dentaires. Et ce ne sont pas ces bâtonnets à base de sous-produits animaux et de sucres qui vont compenser cela. Ces bâtonnets donnent l’illusion d’un os à ronger aux propriétaires et ça les industriels l’ont bien compris aussi.

 

 

 

Sources

Littérature

Un poison nommé croquettes de J.Anso
Toxic croquettes de J. Ziegler
La malbouffe ou la vie de G. Lippert
Je nourris mon chien naturellement de S. Simon
Nutrition vétérinaire du Dr S. Levebvre
L’encyclopédie de la nutrition clinique canine de Pibot, Biourge, Eliott
Obésité du chien de C. Blankaert
Coquettes ou pâté de C. Devaux
Boeuf ou poulet de C. Devaux

Sites web

Le site de la FACCO (Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers)
Le site du ministère de l’agriculture et de l’alimentation
Enquête DGCCRF 2019 sur la conformité des aliments et de l’étiquetage
Cahier des charges des aliments pour animaux de compagnie filière bio
Guide de classification des sous-produits animaux
Recommandations nutritionnelles FEDIAF
Traitements technologiques et aliments : conséquences nutritionnelles et autres
Le blog du Dr G. Blanchard
Article de la clinique Vétodôme sur les étiquettes
Site nutrition canine
Site Tribu carnivore
Site génie alimentaire

 

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