Le développement cognitif du chiot en quelques étapes clés

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Durant son développement cognitif, correspondant à l’ontogénèse comportementale et sociale, le chiot va traverser des périodes fondamentales. Il est de coutume de diviser cette ontogénèse en 3 périodes, dont surtout 2, la première période de socialisation et la seconde période de socialisation, vont forgé sa vision du monde et sa personnalité en tant que réponse adaptée à ce monde.


Première période de socialisation

(Nous avons tendance à appeler cette période, la période des familiarisations, tant les familiarisations sont au coeur de cette période, sachant que c’est à l’environnement rencontré durant cette période que le chiot sera adapté et que cet environnement constitue une sorte de référence auquel tous les environnements ultérieurs seront comparés pour être évalués en termes de sécurité)

 

Durant cette première période on distingue 2 “sous” périodes

→ De 4 à 7/8 semaines (sous la responsabilité de l’éleveur), sous l’emprise de l’attraction vers la nouveauté (curiosité) le chiot élargit ses horizons et fait connaissance avec ce qui l’entoure aussi bien environnement qu’autres occupants de cet environnement. Cette première sous période se caractérise par un attrait pour la nouveauté et une curiosité importante.

→ De 7/8 semaines à 12/16 semaines (la responsabilité se transfert au propriétaire), l’attraction laisse petit à petit la place à une certaine aversion pour la nouveauté se manifestant par de la retenue voire de la crainte vis à vis de ce qu’il n’a pas encore rencontré durant la première phase.
Il est encore temps par des associations positives de rendre ces nouveautés agréables et donc d’influencer la représentation que le chiot se fait du monde dans lequel il vit.

 

A cet âge petit chiot est extrêmement vulnérable et ne peut compter que sur la vigilance et la protection de sa mère réelle ou de substitution. Mais comme il est voué à s’émanciper, dame Nature a prévu qu’il soit attiré par la nouveauté dans la limite de ses capacités de survie, d’où la survenue des peurs pour ne pas prendre trop de risques.

 

Durant cette période et afin de l’aider à élargir le plus possible ses horizons, les expériences doivent être les plus variées possible MAIS être toujours sources de plaisir et de sécurité, car c’est à cet âge que se met en place l’ébauche des comportements de protection et on préfèrerait qu’il s’exerce le moins possible dans ce domaine histoire qu’il ne devienne pas un adulte va-t’en-guerre.


La Période entre les deux périodes de socialisation

 

De 4 mois à environ 7/8 mois, il ne se passe pas grand chose de révolutionnaire au niveau cognitif contrairement à la précédente période. Les choses suivent leurs cours tranquillement et c’est plutôt la croissance physique qui a la priorité.

Confortablement installé dans sa bulle familiale, le chiot continue évidemment ses apprentissages et ses entraînements (au travers de jeux de rôle) aux différents comportements testés durant la période précédente mais ceux-ci concernent plutôt les comportements sociaux et exploratoires.

C’est une période durant laquelle il affine sa représentation du monde et se perfectionne sur le plan des relations inter et intra spécifiques (entre espèces et à l’intérieur de son espèce).

 

A cet âge petit chien est encore très vulnérable même s’il a développé quelques capacités de survie. La protection du groupe familial lui est toujours autant indispensable. Les quelques séquences comportementales de prédation et de protection qu’il a eu l’occasion de tester durant la première période de socialisation s’expriment relativement peu sauf à travers le jeu car il n’est pas encore d’actualité qu’il se débrouille seul. Du coup, la période est mise à profit pour la découverte de l’environnement en compagnie bien sûr de ses protecteurs.

 

A cet âge, en complément des rencontres et des expériences sympas, petit chien doit absolument balader quotidiennement dans des lieux très variées car ses besoins exploratoires sont prépondérants et répondent à l’impératif du moment : la connaissance dans les moindres détails (visuels, auditifs et olfactifs) du monde dans lequel il vit et où il est susceptible de trouver par lui même plus tard ses ressources.


Seconde période de socialisation

(Nous avons tendance à appeler cette seconde période de socialisation la période des réévaluations tant les réévaluations sont au coeur de cette période sachant que les résultats vont corriger sa vision du monde et révéler de nouveaux aspects de sa personnalité)

 

Maintenant qu’il s’est fait une idée de l’environnement dans lequel il évolue, qu’il a pris conscience de certaines de ses capacités et compétences à travers le jeu, qu’il maitrise l’art de la communication, il est temps de faire une actualisation des bases de données.

C’est alors que survient brutalement une sorte de “crise” où tout semble être passé en revue et remis en cause.

Personnes, congénères, lieux, objets … sont réévalués en termes de ressources, de confort et de sécurité prodigués.

Tous les comportements sont à nouveau testés en termes d’efficience mais cette fois ce sont ceux qui répondront aux besoins alimentaires et sécuritaires qui obtiennent la priorité car l’échéance de l’émancipation approche.

D’ailleurs les hormones entrent également en action car il devient important aussi de prévoir la reproduction. L’heure est arrivée de mettre à l’épreuve tous les apprentissages et de découvrir son talent particulier, celui qui sera mis au service du futur groupe familial, celui auquel on appartient ou celui que l’on se créera.

 

A cet âge variable selon les individus, jeune chien reste vulnérable car les chiens le restent toute leur vie du fait de leur domestication, mais il est de plus en plus apte à veiller sur lui et à obtenir par ses propres moyens ce dont il a besoin pour survivre. Bien qu’il n’ait aucune réelle problématique alimentaire, la mécanique se doit quand même d’être opérationnelle, c’est pourquoi elle fait l’objet d’essais et de réglages. C’est elle qui se met en fonction quand jeune chien se met à poursuivre une voiture, un vélo, un jogger, à saisir un mollet ou le balai ! Il est probable que quelques pré tests aient déjà eu lieu plus tôt mais comme ils n’ont pas été découragés, qu’ils n’ont pas été dirigés vers des activités de substitution, voire qu’ils ont été stimulés, ces bribes de la séquence de prédation réapparaissent et activent à chaque expression le fameux circuit de la récompense par une agréable décharge d’adrénaline et de dopamine. En gros, si ces comportements dits indésirables se reproduisent sans cesse, il n’y a plus d’autres choix que de trouver et proposer au chien des cibles alternatives gratifiantes.

 

A cet âge et, malgré l’impression de régression, on doit absolument continuer et renouveler au besoin les associations entre expériences et plaisir et notamment les expériences sociales avec des congénères, des personnes et avec les membres de la famille pour qu’elles donnent lieu à une généralisation, servent de modèle aux expériences futures et soudent définitivement le groupe familial.

Evidemment les associations négatives produisant les mêmes effets on doit éviter que ne s’installent de nouvelles peurs à cet âge et particulièrement la peur de l’humain.

A cet l’âge le propriétaire doit impérativement prendre garde à ce que certains comportements dits indésirables ne donnent pas lieu à auto-satisfactions (comme l’aboiement qui rassure et fait fuir, la poursuite qui défoule, la saisie d’un jarret qui procure du plaisir, la bagarre qui débouche sur une victoire suivie de privilèges…) mais au contraire c’est le moment de renforcer tous les comportements attendus afin qu’ils deviennent les habitudes de l’adulte en devenir.


Ce dont il faut se souvenir

 

Plus la première période de socialisation et les besoins exploratoires auront été négligés ou mal encadrés (auront créé des peurs), plus la seconde période de socialisation sera chaotique et donnera du travail pour combler les carences d’apprentissage, réparer les mauvaises associations et lutter contre l’émergence de tous ces comportements répondant aux besoins sécuritaires et aux besoins d’activités de prédation selon évidemment ce que la sélection des races aura privilégié, protection du territoire, vigilance et garde, conduite, défense des ressources, chasse …