La socialisation, en pratique


Lorsque l’on considère l’éducation, il n’est pas rare de ne s’intéresser qu’au dressage en oubliant que l’éducation englobe également les familiarisations et la socialisation objet de cet article.


La socialisation en pratique  |  les familiarisations en pratique  |  le dressage en pratique (à venir)


 

La socialisation, en deux mots, est à la fois la période durant laquelle un animal social apprend à se comporter avec un autre animal social et à la fois l’ensemble des principes acquis durant cette période. Les puristes ont tendance à n’appeler socialisation que ce qui concerne les interactions au sein d’une espèce (intra spécifique) mais il est correct d’appeler socialisation tout ce qui a trait au comportement social y compris inter spécifique (entre espèces différentes).

Contrairement à la familiarisation qui se poursuit toute la vie, la socialité s’acquiert essentiellement durant la première année avec une première période de prédilection entre 4 et 16 semaines puis une seconde période de prédilection un peu plus difficile à déterminer entre l’âge de 7 à 10 mois environ durant laquelle seront réévalués les avantages et les inconvénients de tous les comportements sociaux précédemment expérimentés (ne seront alors conservés que les plus efficients).

Il est donc essentiel de permettre à votre jeune compagnon de rencontrer un maximum d’individus de son espèce et des autres espèces, ce avant qu’il n’ait atteint 16 semaines, dans un contexte agréable et sécure afin de renforcer le plus possible les comportements dits « civilisés » et éviter qu’il s’exerce et tire avantage de comportements agressifs ou de prédation pendant toute sa première année.


Dans la pratique

 

Rencontrer un maximum d’individus ne signifie pas jeter votre chiot au milieu des autres et le laisser se débrouiller. Certainement pas !

Il s’agit au contraire de lui permettre d’apprendre en toute sécurité comment on communique et comment on se comporte.

 

Pour cela il est nécessaire d’être extrêmement vigilant au niveau des signaux de malaise ou de détresse qu’il émet et qu’il reçoit (car on ne laisse pas plus son chiot se faire peur qu’on ne le laisse faire peur), d’intervenir sans hésiter au besoin en éloignant les protagonistes les uns des autres pour ne les laisser au final interagir ensemble qu’avec une certaine retenue.

 

Dans un autre ordre d’idée mais nécessaire également, durant les contacts avec des congénères ou des individus d’autres espèces, on travaille aussi une relative indifférence et le calme à leur proximité en renforçant par la récompense (prioritairement des mots doux et des caresses apaisantes) l’absence d’excitation, de mouvement, d’émission de signaux de distancement (aboiements, grognements …) et bien sûr de poursuite.

 

En matière de socialisation, il est fréquent d’encourager au jeu ce qui génère et entretient une forme d’extase à l’approche d’un potentiel copain.

Or tous les chiens n’éprouvent pas ce désir de partir dans des courses poursuites amicales, d’échanger des léchouilles etc. encore moins s’ils sont adulte.

Certains ont même de réelles difficultés avec le contact que ce soit leur nature ou suite à des expériences malheureuses.

 

Le jeu ne doit pas être le seul moyen de se rencontrer entres chiens

 

et c’est cela qu’il va falloir aussi enseigner à votre chiot afin qu’il apprenne à canaliser sa joie de vivre, à inviter poliment l’autre à interagir mais aussi à respecter les demandes de distance et à passer son chemin.

 

Durant la socialisation, plus que les interactions amicales, c’est la communication non violente que l’on encourage comme préliminaire à toute interaction.

 

Le contexte idéal pour permettre une bonne socialisation est la promenade en groupe d’humains accompagnés de leur chien encadré par une personne compétente qui aidera à évaluer l’état émotionnel des animaux.

Les avantages de la balade sont d’offrir des possibilités d’activités comblant les besoins comportementaux très variées ce qui diminue l’intensité des besoins sociaux.

A l’inverse le rapprochement entre animaux dans un espace confiné et présentant peu d’attrait en terme d’activités du point de vue du chien a plutôt tendance à intensifier les échanges ce qui présente peu d’intérêt et des risques de mauvaises associations.

 

Sachez qu’à défaut d’apprentissage, ce seront les acquis durant sa tendre enfance à l’élevage avec sa mère et ses frères et soeurs qui resteront le modèle de ses comportements sociaux.

Cela revêt une importance capitale et nous insistons beaucoup là dessus car rares sont les élevages où on va se préoccuper de cette primo socialisation. Ils sont même légion à laisser faire sous prétexte qu’une hiérarchie doit se mettre en place ou à stimuler des comportements sociaux déviants par manque d’activités variées dans les aires d’éveil (la seule activité étant alors le jeu de rôle entre membres de la fratrie).

 

Par la suite, il faudra entretenir cette socialité afin de maintenir les apprentissages actifs. A défaut ce serait à nouveau les acquis précoces qui prendraient le dessus ou ceux provenant des expériences très désagréablement marquantes que malheureusement on ne peut pas toujours éviter.


Hoggy

Hoggy et Mandy s’apprivoisent

 

Dans le doute sur vos capacités à gérer les interactions et à mettre en place les auto-contrôles, de même que dans le cas où les possibilités de rencontres sont trop réduites pour permettre une bonne socialisation, nous vous conseillons de vous rapprocher d’une (bonne) école du chiot, d’un centre d’activités éducatives comme le nôtre ou d’un éducateur canin correctement formé au comportement et aux méthodes positives (voir la carte de localisation des éducateurs au R+).

 

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