La question de la vaccination et des rappels

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La question de la vaccination et des rappels

La vaccination a pour but de protéger contre certaines maladies infectieuses.

Il s’agit d’injecter dans le corps un agent infectieux (virus ou bactérie), sous une forme inoffensive mais stimulant la réponse immunitaire de l’organisme. Le système immunitaire disposant d’une forme de mémoire, une exposition ultérieure à l’agent infectieux déclenchera une réponse rapide et donc plus efficace. L’agent est reconnu par une ou plusieurs molécules spécifiques et constitue l’antigène. Le système immunitaire répond par la production d’anticorps spécialement dirigés contre lui et fabriqués par des cellules mémoires (lymphocytes B et T). Un vaccin est donc spécifique d’une maladie.

Le vaccin peut être un agent inactivé (dépourvu de matériel génétique) ou atténué (c’est alors une forme voisine mais non pathogène). Ce peut être également un sous-ensemble d’un virus voire une simple toxine traitée pour qu’elle soit sans effet pathogène mais qu’elle conserve ses propriétés antigéniques.

Les vaccins sont subdivisés en trois catégories : les vaccins dit « core vaccine » qui sont considérés comme indispensables, peu importe le mode et le milieu de vie ; les vaccins dit « non-core vaccine » ou optionnels, dont l’emploi n’est pas systématique mais doit être réfléchi et adapté au mode et au milieu de vie de l’animal ; enfin certains vaccins sont dit « non recommandés » et ne devraient pas être utilisés pour le moment en raison de l’insuffisance de preuve de leur efficacité à l’heure actuelle.

Cette subdivision ainsi que les recommandations citées dans cet article sont éditées par des groupes d’experts : l’organisme mondial WSAVA (World Small Animal Veterinary Association) dont les premières recommandations ont été éditées en 2007 et depuis actualisées ; le groupe américain AAHA (American Animal Hospital Association) et l’association britannique BSAVA (British Small Animal Veterinary Association) publiant sa position quant à la vaccination qui devrait être réalisée chez les chiens et les chats en Grande Bretagne.

Les recommandations de ces groupes d’expert n’ont pas force de Loi et restent des recommandations à relativiser en fonction des résumés des caractéristiques produit – RCP – émis par le laboratoire fabricant et publié par l’ANMV, l’agence nationale du médicament vétérinaire en ce qui concerne la France ou l’European Medicines Agency en ce qui concerne l’Europe.

Le RCP est un document légal qui définit comment un produit devrait être employé. L’étude de l’efficacité des vaccins qui y est présenté correspond généralement à la détermination d’une durée d’efficacité minimale tandis que les protocoles vaccinaux émanent des groupes d’expert considèrent l’efficacité généralement constatée.

 

Il revient au vétérinaire d’évaluer le bénéfice/risque des vaccins par rapport au mode de vie du chien et d’en déduire un protocole vaccinal personnalisé selon les spécificités de cet animal, les RCP, les recommandations des groupes d’experts et les effets indésirables. Le vétérinaire garde d’ailleurs sa totale liberté de prescription. Il a même la possibilité d’administrer un vaccin hors RCP (c’est-à-dire en s’affranchissant du protocole recommandé par le fabriquant), notamment s’il se réfère aux acquis de la science. Ce faisant, il engage sa responsabilité civile professionnelle lorsqu’il agit hors RCP et doit préalablement s’assurer de l’obtention d’un consentement éclairé du propriétaire.


Les maladies infectieuses qui concernent nos compagnons canins

 

La maladie de Carré (C)

Le virus de la maladie de Carré est capable d’infecter plusieurs espèces de mammifères dont les chiens. Cette maladie classée comme vice rédhibitoire en France, touche les chiens de tout âge même si les chiots de trois à six mois y sont plus sensibles. De plus, la prévalence est plus importante pendant les saisons froides. La présence de réservoirs dans la faune sauvage rend l’éradication de la maladie de Carré impossible.

L’infection se fait de manière directe par voie oro-nasale après contact avec les sécrétions d’un animal infecté.

→ Probabilité de contraction de la maladie : existante

La maladie de Carré est caractérisée par une présentation clinique très diversifiée. Une première hyperthermie se déclare généralement dans les trois à six jours après l’infection mais passe souvent inaperçue. Vers dix jours post-infection d’autres symptômes peuvent apparaître avec une atteinte de l’état général, une atteinte de l’appareil respiratoire, des troubles digestifs, une atteinte oculaire, une atteinte cutanée  voire une atteinte nerveuse.

La maladie est souvent fatale avec un taux de mortalité qui dépasse 50 % chez le chiot.

→ Gravité de la maladie : élevée

Tous les groupes qui éditent des recommandations sur les protocoles vaccinaux (WSAVA, AAHA et BSAVA) s’accordent à placer le vaccin contre la maladie de Carré dans le groupe des vaccins indispensables à tout chien (« core vaccine »).

Les vaccins les plus souvent employés sont des vaccins homologues à virus vivant atténué obtenus à partir de différentes souches virales.

 

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la maladie de Carré

Suite à une infection naturelle, l’immunité acquise par le chien est considérée comme « à vie ». La vaccination correcte d’un chien avec le vaccin vivant atténué confère une immunité protectrice pendant au moins 9 ans chez la plupart des chiens. Cette immunité est d’au moins 5 ans avec le vaccin recombiné [SCHULTZ R, THIEL B, MUKHTAR E, SHARP P, LARSON L. (2010). Age and long-term protective immunity in dogs and cats].

Recommandations WSAVA et AAHA concernant le protocole vaccinal contre la maladie de Carré

Ces recommandations sont à relativiser en fonction des résumés des caractéristiques des produits – RCP – disponibles en France dont vous trouverez les liens en fin d’article.


L’Hépatite de Rubarth (H)

L’hépatite de Rubarth est due à un adénovirus canin de type 1 (CAV-1 ) proche de l’adénovirus canin de type 2 (CAV-2) responsable de la laryngotrachéite infectieuse canine. Le CAV-1 est un virus très contagieux, possédant une bonne résistance dans le milieu extérieur. Il affecte les canidés dans le monde entier. Le chien, le renard, le loup et le coyote y sont particulièrement sensibles. Grâce à la vaccination, l’hépatite de Rubarth est maintenant devenue rare et se retrouve principalement chez les chiens non vaccinés. Cette maladie est de plus considérée comme un vice rédhibitoire chez le chien en France. Les canidés de la faune sauvage restent un réservoir de la maladie.

Les chiens âgés de moins de un an sont plus souvent touchés par cette maladie. La transmission se fait par voie oro-nasale ; soit par contact direct avec un animal infecté, soit de manière indirecte par contact avec leurs sécrétions. En effet, le virus est excrété dans la salive, les matières fécales, l’urine et les sécrétions respiratoires. CAV-1 peut d’ailleurs être excrété dans l’urine jusqu’à 6-9 mois post-infection.

→ Probabilité de contraction de cette maladie infectieuse : significative

Le taux de mortalité de l’hépatite de Rubarth est souvent proche de 100% chez les très jeunes chiots et varie de 10 à 30% chez les autres.

→ Gravité de la maladie : très élevée à élevée selon l’âge

Les symptômes les plus couramment rencontrés dans cette maladie sont une fièvre, un abattement, des vomissements, de la diarrhée, une douleur abdominale et une atteinte hépatique.

La vaccination des chiens contre l’hépatite de Rubarth avec un vaccin à virus CAV-2 vivant atténué est considérée par tous comme faisant partie des « core vaccine ». Il s’agit en effet d’une maladie sévère, potentiellement fatale et de répartition mondiale.

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre l’Hépatite de Rubarth

Suite à une infection naturelle par le virus CAV-1, l’immunité acquise par le chien est considérée comme « à vie ». La vaccination correcte d’un chien avec le vaccin à virus CAV-2 vivant atténué confère une immunité protectrice pendant au moins 9 ans chez la plupart des chiens. [SCHULTZ R, THIEL B, MUKHTAR E, SHARP P, LARSON L. (2010). Age and long-term protective immunity in dogs and cats].

Recommandations WSAVA et AAHA concernant le protocole vaccinal contre l’hépatite de Rubarth

Ces recommandations sont à relativiser en fonction des résumés des caractéristiques des produits – RCP – disponibles en France dont vous trouverez les liens en fin d’article.


La parvovirose canine (P)

Le virus de la parvovirose canine (CPV pour Canine ParvoVirus) appartient à la famille des Parvoviridae. Il s’agit d’un virus très résistant dans le milieu extérieur (jusqu’à un an). La majorité des parvovirus sont spécifiques d’espèce. Celui responsable de la maladie dans l’espèce canine est le parvovirus canin de type 2 (CPV-2). On en distingue trois souches : CPV-2a, CPV-2b et CPV-2c.

La parvovirose canine est considérée comme un vice rédhibitoire chez le chien en France. Elle peut se rencontrer chez le chien quel que soit l’âge, la race ou le sexe. Cependant une prévalence plus forte est rencontrée chez le jeune entre 6 semaines et 6 mois. De plus, certaines races sont parfois considérées comme étant plus à risque (une cause génétique est suspectée) : le Rottweiler, le Pinscher, le Pitt bull terrier, le Labrador retriever et le Berger allemand. Par ailleurs, l’incidence semble plus importante lorsque la saison est humide et fraîche.

L’infection par CPV-2 se fait soit de manière directe par voie oro-fécale, soit de manière indirecte par voie oro-nasale lors de contact avec des objets contaminés (par les selles des chiens infectés). L’excrétion fécale du virus peut commencer dès trois jours post-infection et continuer jusqu’à trois à quatre semaines après l’expression clinique de la maladie.

→ Probabilité de contraction de la maladie : Très significative

Des cas sont rapportés chaque année en France.

L’incubation dure en moyenne trois à cinq jours. Selon l’âge de l’infection, deux formes cliniques sont rencontrées : la forme myocardique et la forme entérique. La myocardite aigue se développe suite à une infection chez le très jeune chiot de moins de 8 semaines. Cette forme clinique entraîne généralement une mort rapide en 24 heures avec une mortalité élevée dans la portée. Cette manifestation reste cependant rare de nos jours grâce à la vaccination des chiennes. La manifestation la plus couramment rencontrée est l’entérite aigue chez le chiot de 6 semaines à 6 mois. Les symptômes alors retrouvés sont d’abord une anorexie, une léthargie, une hyperthermie puis des troubles digestifs avec des vomissements et de la diarrhée qui peut être hémorragique. Suite à ces troubles digestifs, une déshydratation ainsi qu’un choc hypovolémique peuvent apparaître.

→ Gravité de la maladie : Très élevée  

La parvovirose canine est une maladie endémique, très contagieuse causée par un virus résistant dans le milieu extérieur et causant une maladie grave pouvant être fatale chez le chien. De plus le vaccin contre cette maladie permet d’engendrer une très bonne protection. C’est pourquoi toutes les recommandations éditées ces dernières années considèrent ce vaccin comme “core” étant indispensable à tous les chiens.

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la parvovirose canine

Comme précédemment pour la maladie de Carré et l’hépatite de Rubarth, l’immunité acquise par le chien suite à une infection naturelle est considérée comme « à vie ». L’immunité protectrice fournit par la vaccination avec le vaccin vivant atténué dure pendant au moins neuf ans chez la majorité des chiens, alors qu’elle ne dure que trois ans avec le vaccin inactivé. [SCHULTZ R, THIEL B, MUKHTAR E, SHARP P, LARSON L. (2010). Age and long-term protective immunity in dogs and cats].

Recommandations WSAVA et AAHA concernant le protocole vaccinal contre la parvovirose canine

Ces recommandations sont à relativiser en fonction des résumés des caractéristiques des produits – RCP – disponibles en France dont vous trouverez les liens en fin d’article.


La rage (R)

La rage est une zoonose mortelle, de répartition mondiale, responsable chaque année de plus de 55 000 décès chez l’homme (notamment en Asie et en Afrique où la maladie est endémique). En France la rage est une maladie réputée contagieuse pour tous les mammifères ; sa prophylaxie est donc strictement réglementée. En Europe, le renard roux représente le principal réservoir.

Le virus responsable de la rage est un virus fragile dans le milieu extérieur. Ce virus est excrété dans la salive des animaux infectés jusqu’à douze jours avant l’apparition des premiers symptômes. La contamination se fait alors de manière directe : morsure, griffure ou léchage par un animal excréteur.

→ Probabilité de contraction de la maladie en zone non endémique/déclarée indemne : modérée à faible

L’incubation va de dix jours à plusieurs mois alors que la maladie une fois déclarée est rapidement mortelle : le chien meurt généralement en trois à dix jours suite à la paralysie des muscles respiratoires. Deux formes cliniques sont principalement décrites chez le chien : la forme furieuse et la forme paralytique. Dans la forme furieuse, l’animal présente des épisodes d’agitation qui sont de plus en plus fréquents, une hyperesthésie et des hallucinations se développent également. Il peut même devenir agressif. Des modifications de la voix et des troubles de déglutition peuvent aussi être observés. Vers la fin, une parésie puis une paralysie se développent entraînant la mort de l’animal. Dans la forme paralytique, on observe une paralysie progressive des différents muscles de l’organisme.

→ Gravité de la maladie : mortelle

La rage étant une menace pour la santé publique puisque responsable d’une zoonose mortelle, la législation intervient en obligeant la vaccination des chiens dans certaines situations.

Le vaccin contre la rage chez le chien est considéré comme faisant partie des vaccins indispensables (“core”) lorsque ce dernier vit dans une région où la rage est endémique ou lorsque la loi exige une telle vaccination (comme lors de certains trajets à l’étranger). Sinon, pour un chien non catégorisé vivant dans un pays indemne de rage et n’ayant aucun trajet à l’étranger de prévu, cette vaccination est considérée comme étant optionnelle (« non-core »).

A noter que la vaccination des chiens catégorisés est obligatoire en France. Le Berger Allemand n’est pas concerné.

La vaccination correcte d’un chien avec le vaccin inactivé adjuvé confère une immunité protectrice pendant trois ans chez la plupart des chiens [ SCHULTZ R. (2006). Duration of immunity for canine and feline vaccines].

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la rage

Le protocole vaccinal unanimement recommandé consiste en une injection de primovaccination unique à partir de 12 semaines d’âge, un rappel un an plus tard puis des rappels tous les un à trois ans selon le vaccin et selon la législation. En effet, la législation peut ordonner l’application de rappels annuels même si un rappel tous les trois ans est suffisant.


Le syndrome de la toux de chenil 

La « toux de chenil » est un syndrome respiratoire aigu, multifactoriel, très contagieux, de répartition mondiale. Les deux principaux agents étiologiques sont le virus parainfluenza canin (CPiV pour Canine Parainfluenza Virus) et la bactérie Bordetella Bronchiseptica. Le virus Parainfluenza canin est un virus peu résistant dans le milieu extérieur. En collectivité, ce virus a déjà été retrouvé chez 50% des chiens présentant des symptômes respiratoires. Bordetella Bronchiseptica est une bactérie gram négative. Il s’agit de la bactérie la plus fréquemment isolée chez les chiens atteints par la maladie.

Certains facteurs environnementaux interviennent également, comme une densité animale importante, une faible ventilation des locaux, un stress. De plus, une incidence plus importante a été montrée en automne.

La contamination se fait par contact direct via les aérosols sécrétés par les chiens infectés (lors des toux et éternuements). Une contamination indirecte par contact avec les matières contaminées est aussi possible.

→ Probabilité de contraction de la maladie : significative en collectivité canine à peu significative

L’incubation dure de trois à dix jours. La maladie sera d’autant plus grave que plusieurs agents sont en cause (phénomène de synergie). La clinique la plus fréquemment rencontrée se caractérise par un jetage, une dyspnée ainsi qu’une toux sèche, aggravée à l’effort, s’exprimant par des quintes avec effort d’expectoration du mucus. L’état général du chien n’est pas altéré et une régression spontanée des symptômes est effective en une à deux semaines. Cependant chez les jeunes et chez les chiens immunodéprimés, une surinfection bactérienne secondaire peut avoir lieu. Dans ce cas, on observe une altération de l’état général avec la présence d’un abattement, d’une anorexie et d’une hyperthermie. La toux devient productive. La maladie peut même évoluer jusqu’à la bronchopneumonie voire la mort.

→ Gravité de la maladie : modérée sauf chez le jeune et le chien immunodéprimé

La vaccination contre le syndrome toux de chenil est considérée comme optionnelle (“non core”) : les vaccins ne devraient être employés que chez les chiens particulièrement exposés du fait de leur mode de vie, c’est-à-dire ceux participant à des rassemblements canins et ayant des contacts fréquents avec d’autres congénères comme dans les chenils, les pensions, les élevages et les concours.

La vaccination contre CPiV et B. Bronchiseptica permet de réduire le taux d’infection, la durée d’excrétion et la sévérité des symptômes mais ne protège pas de l’infection. Il est de plus difficile d’établir combien de temps un vaccin, en particulier ceux avec une seule valence, génère une immunité contre la toux de chenil puisque qu’il s’agit d’un syndrome dont la plupart des symptômes ne se développent que suite à une co-infection.

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre le syndrome de la toux de chenil du au virus parainfluenza canin

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre le syndrome de la toux de chenil du à la bactérie Bordetella Bronchisepta

Recommandations WSAVA et AAHA concernant le protocole vaccinal contre le syndrome de la toux de chenil du au virus parainfluenza

Recommandations WSAVA et AAHA concernant le protocole vaccinal contre le syndrome de la toux de chenil du à la bactérie Bordetella Bronchisepta

Il est préférable que la vaccination ait lieu, si possible, au moins une semaine avant l’exposition (avant la mise en pension, l’exposition, …). Il faut donc tenir compte de la nécessité de procéder à 2 injections par voie parentéale à 4 semaines d’intervalle pour la primovaccination ou faire le choix de la voie intranasale qui elle ne nécessite qu’une seule dose. De plus si le chien est fréquemment exposé au cours de l’année, le vaccin peut être répété tous les six mois.


La Leptospirose (L)

La leptospirose est une zoonose causée par des bactéries du genre Leptospira. Deux espèces différentes sont connues pour pouvoir infecter le chien avec plus de 250 sérovars identifiés répartis en 24 sérogroupes. D’après de récentes études, les principaux sérogroupes retrouvés en Europe chez le chien sont Icterohaemorrhagiae, Grippotyphosa, Australis, Sejroe et Canicola. Il s’agit d’une maladie saisonnière plus fréquente lors des périodes humides, pluvieuses. Ces bactéries peuvent d’ailleurs survivre plusieurs mois dans l’eau et la terre humide.

Même si les petits rongeurs sont considérés comme le principal réservoir, toutes les espèces de rongeurs, de marsupiaux et de mammifères (dont l’Homme, le bétail et le chat) peuvent jouer ce rôle. Les hôtes réservoirs sont généralement asymptomatiques et excréteurs dans l’environnement via leurs urines. L’excrétion dans les urines peut durer de quelques mois à plusieurs années postinfection. Les chiens les plus à risque sont donc ceux qui vivent à la campagne, qui ont accès à des étendues d’eau ou au bétail.

→ Probabilité de contraction de la maladie : variable selon les risques d’exposition avec de l’urine d’animal infecté.

La contamination se fait de manière indirecte : pénétration par les muqueuses ou la peau à la faveur de microlésions après contact avec un milieu humide contaminé ou avec l’urine d’un animal infecté. Après pénétration dans l’organisme, les leptospires gagnent le système sanguin puis certains organes dont le foie et les reins. L’incubation dure en moyenne sept jours. Plusieurs signes cliniques peuvent être rencontrés dont une atteinte de l’état général, des troubles digestifs, une atteinte hépatique, une insuffisance rénale aigue, une atteinte pulmonaire. Le chien meurt généralement dans les deux jours lors de forme suraiguë de leptospirose. En l’absence de soins, la mort survient également dans les six jours lors de la forme ictérohémorragique et dans les quinze jours en cas d’insuffisance rénale aigue.

→ Gravité de la maladie : mortelle

Les groupes qui éditent des recommandations sur la vaccination des chiens ne sont pas d’accord vis-à-vis de la leptospirose. Même s’il s’agit d’une maladie assez grave pouvant atteindre l’Homme, la leptospirose représente un faible risque en milieu urbain étant donné les modalités de sa transmission. C’est pourquoi WSAVA et AAHA considèrent la vaccination contre la leptospirose comme optionnelle (“non core”) et ne devant être faite que chez les chiens présentant un plus haut risque de se contaminer, comme les chiens de chasse et ceux se baignant fréquemment dans des cours d’eau. Cependant, la gravité de la maladie provoquée chez le chien et sa forte prévalence en Grande Bretagne (où les rongeurs sont très présents en milieu urbain comme en rural) font que la vaccination contre la leptospirose y est considérée comme indispensable (“core”) par la BSAVA pour tous les chiens.

La vaccination permet de prévenir la forme clinique aigue mortelle de la leptospirose mais ne protège pas complètement contre l’infection. En outre la protection dépend des souches vaccinales et des serovars contenus dans le vaccin sachant qu’en Europe le chien est surtout concerné par 5 principaux sérogroupes (Icterohaemorrhagiae, Grippotyphosa, Australis, Sejroe et Canicola). La vaccination n’offre donc jamais une protection complète. Elle permet de réduire cette infection et de diminuer l’excrétion urinaire pour la plupart des sérovars. Etant donné l’absence de protection croisée entre les différents sérovars, il est recommandé par les groupes d’expert et les laboratoires fabricant d’employer les vaccins contenant le plus grand nombre de sérovars appropriés selon la localisation géographique. L’immunité protectrice induite par ces vaccins est d’au moins un an chez la majorité des chiens.

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la leptospirose contenant 2 serovars (Icterohaemorrhagiae et Canicola

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la leptospirose contenant 3 serovars (Icterohaemorrhagiae, Grippatyphosa et Canicola)

Liste des vaccins disponibles en France en 2015 contre la leptospirose contenant 4 serovars (Icterohaemorrhagiae, Grippatyphosa, Australis et Canicola)

Recommandations WSAVA, AAHA et BSAVA concernant le protocole vaccinal contre la leptospirose

Selon les risques d’exposition pouvant s’avérer extrêmement variables il convient de s’en référer absolument au RCP du vaccin dont le lien est fourni en fin d’article pour les plus communs.

A noter que le vaccin contenant 4 sérovars fait l’objet de nombreuses controverses, notamment le Nobivac L4.

Extrait d’un bulletin de pharmacovigilance : “En ce qui concerne les médicaments immunologiques, environ 33 % des effets indésirables rapportés étaient liés à un vaccin contre 4 souches de leptospirose (Nobivac L4®), parfois en association à un autre produit, généralement un autre vaccin. Divers signes cliniques ont été identifiés avec ce vaccin, principalement liés à des troubles gastro-intestinaux et l’anaphylaxie. L’Agence européenne des médicaments précise dans sa publication concernant la pharmacovigilance vétérinaire (EMA/CVMP/793263/2014) que des maladies à médiation immunitaire telles que l’anémie, la thrombocytopénie et l’arthrite, ont été observées avec ce vaccin, mais, à ce jour, le lien de causalité n’est pas établi.”


Autres maladies infectieuses concernant nos compagnons canins

 

Il existe d’autres maladies infectieuses bénéficiant d’un protocole vaccinal dont les risques sont a évaluer en fonction du mode et du milieu de vie. On citera la maladie de Lyme, la coronavirose canine, la piroplasmose, l’herpès virose, la leishmaniose, le tétanos … pour lesquelles une analyse précise des bénéfices/risques tenant compte de la probabilité et de la gravité de la maladie est à réaliser conjointement avec le vétérinaire.

 


Comment savoir si on doit faire vacciner ou faire procéder à un rappel ?

 

Bien que le vétérinaire soit le seul compétent pour prodiguer ce conseil, il est toutefois autorisé et même recommandé de s’informer afin de se faire un avis personnel sur la nécessité d’une vaccination ou d’un rappel.

Certains groupes d’experts mondiaux indépendants, tel que l’organisme AAHA, mettent à disposition des propriétaires un “calculateur” permettant de le faire

Lifestyle-based Vaccine Calculator

Concernant les rappels, la publication des RCP par les agences du médicament française ou européenne a entre autre but de diffuser toutes les informations nécessaires permettant de savoir contre quoi on vaccine et à quel intervalle on doit faire procéder aux rappels.

Ces RCP, bien que sous-estimant la durée d’immunité afin de protéger le laboratoire et le vétérinaire sont une référence en matière d’intervalle de rappel que tout praticien respecte scrupuleusement quand il ne les outrepasse pas en préconisant des intervalles plus rapprochés. Dans ce cas il doit/devrait vous en donner la raison.

Une autre solution pour savoir s’il est nécessaire de faire procéder à un rappel, est de s’en remettre aux études accessibles en la matière ou bien de faire évaluer l’immunité de son chien à l’aide d’un kit désormais sur le marché :

Vaccicheck

 

Toutes ces démarches demandent un peu d’effort mais n’oublions pas qu’il en va de la santé globale de nos compagnons.

En fonction des vaccins déjà reçus, des RCP de ces vaccins, des probabilités de contraction de la maladie, de la gravité de celle-ci et des risques inhérents à la vaccination elle même, chacun est en mesure faire un choix relativement bien avisé que rien n’interdit de soumettre à son vétérinaire sans compter que tout propriétaire est en droit de réclamer l’utilisation de produits qui permettent d’espacer les rappels tout en offrant une excellente protection.

 

A tire d’exemple, nos chiots sont vaccinés à l’âge de 8 semaines avec préférentiellement le vaccin CANIGEN CHPPI/L (ou à défaut EURICAN DHPPi/L) et reçoivent, s’ils n’ont pas quittés l’élevage, un rappel de cette primovaccination 4 semaines après puis 10 à 11 mois plus tard.

Nos adultes recevaient il y a encore peu un rappel tous les 24 mois contre la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth, la Parvovirose et le syndrome de la toux de chenil du au virus parainfluenza, qui va dorénavant passer à un intervalle de 36 mois compte tenu des RCP actualisés des vaccins en question s’ils ont été vaccinés avec CANIGEN CHPPi/L (maintenu à 24 mois si vaccinés avec EURICAN DHPPi/L).

Nous ne nous préoccupons guère du syndrome de la toux de chenil du à la bactérie Bordetella Bronchisepta car nos chiens vivent partiellement en plein air, ne fréquentent pas les expositions et la gravité de la maladie est modérée pour les adultes en bonne santé.

Aucun de nos chiens n’est vacciné contre la rage car nous sommes en zone indemne mais par contre nous faisons procéder à un rappel anuuel contre la leptospirose avec Eurican L ou Canigen L (contenant 2 sérovars) puisse nous vivions en zone rurale particulièrement “habitées” par des petits rongeurs type, mulot, souris, rat etc. et qu’il ne nous semble pas raisonnable, compte tenu du risque significatif et de la gravité de la maladie, de laisser s’écouler 3 ans, ou même 2 ans entre 2 injections sans compter qu’il faudrait à chaque fois en prévoir 2 à 4 semaines d’intervalle.

A titre d’information et afin de sensibiliser au risque croissant que représente la leptospirose (en augmentation depuis 2015) qui fait que nous ne négligeons pas cette vaccination, vous pouvez lire le rapport 2017 du Centre National de Référence de la Leptospirose qui étudie la prévalence de la maladie chez l’homme en France métropolitaine et outre-mers. Ces résultats permettent de se faire une représentation des risque encourus par nos compagnons. Il est aussi intéressant de constater que c’est le sérogroupe icterohaemorrhagiae qui reste à l’origine de la majorité des infections. A lire également, même si ancienne, l’actualisation des connaissances émise par l’académie vétérinaire de France en 2006.

Enfin, certains de nos chiens ne sont plus vaccinés eut égard les effets indésirables importants que la vaccination a eu sur eux. Le risque étant fortement majoré nous nous contentons dans leur cas des études sur la durée d’immunité contre les principales maladies infectieuses (Carré-Hépatite-Parvo) pour les considérer comme protégés et prenons davantage de précautions en ce qui concerne la leptospirose et le syndrome de la toux de chenil.

 

Alternatives à la vaccination

 

Cet article ne serait pas complet s’il n’évoquait pas les alternatives à la vaccination traditionnelle.

Bien que nous soyons on ne peut plus favorables aux approches holistiques et aux médecines douces, nous n’y avons pas recours dans le cas de la protection contre les maladies infectieuses pour 3 raisons principales :

• certaines des maladies infectieuses citées font partie des vices rédhibitoires et en tant qu’éleveurs ce serait faire prendre un risque juridique énorme à notre activité,

• la relative concentration d’animaux sur un même lieu (élevage + pension) impacte le paramètre probabilité de contraction des maladies

• la confidentialité des pratiques alternatives ne nous permet pas d’évaluer la qualité généralement constatée de la protection.

Pour autant, il faut savoir qu’elles existent et peuvent constituer une solution notamment pour des chiens ne pouvant pas ou plus bénéficier de la vaccination ou pour des propriétaires farouchement opposés à la pharmacopée conventionnelle.

Les nosodes, une alternative aux vaccins, par vismedicatrixnaturae.com et sous sa seule responsabilité

 

Une autre possibilité est de faire le choix d’un protocole vaccinal alternatif tenant davantage compte des études sur la durée de l’immunité et d’espacer en conséquence les rappels en les conjuguant à une prise en charge homéopathique individualisée du risque vaccinal.

C’est ce que propos les partisans d’une vaccination raisonnée.

Médecines naturelles et vaccination, Phytanimal

 


Quelques Résumés des Caractéristiques Produits (RCP)

 

RCP pour les vaccins disponibles en France les plus couramment employés (source ANMV, Agence Nationale du médicament vétérinaire au sein de l’ANSES, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire):

RCP CANIGEN® CHPPiL  (Durée d’immunité : Après le premier rappel annuel, la durée d’immunité est de 3 ans pour CDV, CAV-1, CAV-2 et CPV.)

RCP NOBIVAC® CHPPi  (Durée d’immunité :  3 ans pour l’hépatite contagieuse et la parvovirose, démontrée par épreuve virulente ;  3 ans pour la maladie de Carré et l’affection respiratoire due à l’adénovirus canin de type 2, démontrée par épreuve virulente ;  6 mois pour les affections respiratoires dues au virus parainfluenza canin, démontrée par épreuve virulente)

RCP EURICAN® DAPPiL (Durée d’immunité : Les données sérologiques et d’épreuves virulentes actuellement disponibles montrent que la protection contre les antigènes de la maladie de Carré, de l’adénovirus et du parvovirus dure au moins deux ans après la primo-vaccination suivie d’un rappel annuel.)

RCP VERSICAN® DHPPi (Durée d’immunité : Les données sérologiques et d’épreuves virulentes actuellement disponibles montrent que la protection contre les antigènes de la maladie de Carré, de l’adénovirus et du parvovirus  dure au moins deux ans après la primo-vaccination suivie d’un rappel annuel.)

RCP Pneumodog® Pi/Bb (Rappels : Une injection annuelle de vaccin est recommandée).

RCP CANIGEN® LR (vaccination de rappel : 1 injection annuelle)

RCP RABISIN® Multi Rage (Vaccination de rappel : 1 an après la primovaccination puis à intervalles de 3 ans maximum). Le Rabisin® est le seul vaccin antirabique valable 3 ans.

RCP NOBIVAC® Rage (Vaccination de rappel : annuelle)

RCP VERSICAN® L3R  (Duration of immunity : At least one year following the primary vaccination course. Reduction of urinary excretion of Leptospira has not been shown.)

RCP VERSICAN® plus DHPPi/L4 (Un rappel doit être effectué tous les trois ans avec une dose unique de Versican Plus DHPPi/L4 pour la maladie de carré, l’adénovirus canin (types 1 et 2) et le parvovirus canin. Un rappel annuel doit être effectué pour la protection contre le virus parainfluenza et la leptospirose)

RCP VERSICAN® plus DHPPi/L4R (Un rappel doit être effectué tous les trois ans avec une dose unique de Versican Plus DHPPi/L4R pour la maladie de carré, l’adénovirus canin (types 1 et 2) et le parvovirus canin. Un rappel annuel doit être effectué pour la protection contre le virus parainfluenza, la leptospirose et la rage).

RCP NOBIVAC® L4 (Il convient d’administrer une unique injection de rappel chaque année afin de maintenir l’effet du vaccin).

Si le vaccin qui a été utilisé pour votre chien n’est pas cité ici, nous vous invitons à effectuer une recherche par internet en indiquant RCP + nom du vaccin dans votre moteur de recherche.

ou à faire une recherche dans le moteur de recherche du site de l’European Medicines Agency (Indiquer le nom du vaccin dans l’onglet “Keyword search” puis sélectionner la langue)


Principales références ayant permis la rédaction de cet article

→ Thèse pour le doctorat vétérinaire : VACCINS DES CARNIVORES DOMESTIQUES DISPONIBLES EN 2015 EN FRANCE ET À L’ÉTRANGER ET RECOMMANDATIONS DE LEUR UTILISATION (Calypso Giraudat)

→ Thèse pour le doctorat vétérinaire : LA VACCINATION DES CARNIVORES DOMESTIQUES EN 2008 (Caroline Leprêtre)

→ La santé du chien et du chat, Jutta Ziegler (2017)

→ Un vétérinaire en colère, Charles Danten (2015)

Harmonisation européenne au nom du mieux-être canin, Canis Ethica

Recommandations pour la vaccination du chien et du chat en 2016, téléchargeable sur le site vimedicatrixnaturae (Professeur Michel Pepin)

Guidelines vaccination, WSAVA

AAHA’s Canine Guidelines Vaccination

Vaccination : ce que votre vétérinaire ne vous dira pas, Au nom du chien

La vaccination : ses risques, Phytanimal

 

Mes remerciements très particuliers au Docteur B. pour avoir stimulé la rédaction de cet article qui trainait dans mes projet depuis de nombreux mois.


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