Sans empathie point de bientraitance !

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Sans empathie point de bientraitance !
L'agressivité est l'expression d'une souffrance chez le chien

L’agressivité est l’expression d’une souffrance autant qu’un moyen de se soulager

C’est pourtant tellement facile, tellement normal, tellement respectueux et respectable de se mettre à l’écoute du ressenti de l’autre !

Lorsque l’on fait preuve d’empathie, les émotions délivrent leur message et permettent d’ajuster son attitude à celui qui ne fait que s’exprimer. Lorsque l’on fait preuve d’empathie, on entend la peur, les frustrations ou les manques de l’autre et plutôt que de s’obstiner à les susciter ou à les négliger, on s’adapte pour les apaiser et on cherche à en comprendre les causes pour agir sur elles …

L’empathie est indispensable en élevage au risque de n’être plus à l’écoute que de la rentabilité ou de son égo en mal de reconnaissance mais elle est aussi indispensable en éducation. A défaut les techniques, quelles qu’elles soient, se révèlent inefficaces voire maltraitantes. Malheureusement dans le cadre de l’éducation où elle devrait être un allié de taille, l’empathie est fréquemment mise de coté et même dénigré car elle ferait perdre les capacités de jugement et l’autorité 🙁

En éducation canine on voit à peu près de tout en termes de méthodes, de considération de l’animal et même en termes de connaissances.

Vous avez l’expert en dressage qui use de la brutalité, d’outils coercitifs pour se donner l’illusion d’une toute puissance sur l’animal, qui soit dit en passant sera toujours plus fort si on le pousse à bout (à moins de le réduire à une impuissance acquise). Ces personnes là souffrent du syndrome du dresseur de fauves.

A son opposé, vous avez l’expert en dressage qui lui use de la manipulation avec beaucoup de dextérité au moyen parfois d’un clicker, de récompenses à l’excès sans se préoccuper une seconde des effets dévastateurs de l’addiction qu’il met en place ; son but est aussi de se donner l’illusion d’une toute puissance mais il la dissimule derrière des atours avantageux pour son image.

Vous avez le fraîchement diplômé qui appliquera à la lettre ce que sa formation lui a appris ayant souvent comme expérience de l’éducation que celle de ses propres chiens, ses cobayes. Pour peu que sa formation soit seulement technique parce qu’elle lui a été délivrée par des experts du genre de ceux cités plus haut ou qu’elle soit défectueuse car dispensée par un établissement qui s’est autoproclamé centre de formation, on imagine déjà les dégâts.

Parmi les éducateurs canins on trouve parfois aussi des vétérinaires ! oui, oui vous avez bien lu. Les vétérinaires en tant que compétence indiscutable en matière de … maladies s’estiment souvent être une excellente source de connaissances en matière de comportement et ne sont pas avares de conseils sur la façon d’éduquer un animal du haut de leur piédestal de haute autorité. Certains font exception mais il faut avouer qu’ils sont rares et cela peut se comprendre puisque durant les consultations ils sont amenés à user de techniques de contention très efficaces les renforçant dans leurs croyances et leur faisant reléguer l’état émotionnel du patient au second plan. Ces vétérinaires me font beaucoup penser aux médecins des siècles passés ce qui laisse un peu d’espoir puisque nos médecins modernes ont intégré une approche plus respectueuse de la psychologie dans leur pratique.

Venons en justement à la psychologie car il semblerait qu’une grande quantité d’éducateurs canins et l’immense majorité des éleveurs canins n’en ait aucune notion ou des notions totalement erronées. On dirait que pour eux l’animal ne ressent pas. Il ne ressent pas la tristesse et l’angoisse d’avoir perdu un être cher (à ses yeux), tous ses repères (ce qui est confortable à penser quand on veut se débarrasser d’un chien).  Il ne ressent pas non plus la surprise ou l’inquiétude de la nouveauté, la crainte d’avoir à nouveau mal ou peur, le ras le bol de répéter les mêmes exercices et de se plier aux 4 volontés de son propriétaire, l’envie d’être ailleurs et avec d’autres.

Pour beaucoup l’animal serait un être de réflexes de survie régie par la seule loi de la jungle, manger ou être mangé, qu’il faut absolument dresser et contrôler pour sa propre sécurité et la nôtre.

C’est pardonnable lorsque la personne est dans l’ignorance mais ça l’est beaucoup moins lorsqu’elle est dans la négation !

Certains le sont pour des raisons professionnelles comme les vétérinaires cités plus haut par nécessité ou les éleveurs également cités plus haut pour des raisons économiques évidentes. Mais que penser de ces adeptes des concours qui exposent leur compagnon à tous les stress par pure quête d’un résultat qui les honore eux ? Ils souffrent tous d’une forme plus ou moins aiguë de dissonance cognitive. D’ailleurs on retrouve cette négation de la sensibilité dans toutes les professions amenées à exploiter l’animal pour sa production d’où l’impérieuse nécessite de ne pas laisser l’élevage canin s’inspirer de l’élevage de rente.

D’autres ont de la considération pour leur animal à eux sans que cela ne se généralise aux autres êtres vivants ; leur animal est une exception dans leur représentation de la pyramide des espèces où l’humain se place au sommet.

Evidemment certains n’ont absolument aucune considération de la sorte pour les animaux, qu’il en possède un ou pas. Ce serait trop dévalorisant de se lier d’amitié avec une sous-espèce ! Appartenir à une soit disante espèce supérieure donne tellement de droits, notamment celui de hisser ses besoins sociaux et alimentaires propres au dessus de tout. Parmi ces derniers l’animal peut même être réduit à l’état de matrice à chiots, de chair à canon ou d’objet de satisfaction de leurs pulsions les plus agressives. Mais là on a affaire à des bourreaux et on s’écarte du sujet.

Le problème c’est que sans considération justement, sans conscience et acceptation de la sensibilité et de la sentience (voir définition ici) on ne peut se laisser aller à l’empathie naturelle ! et sans empathie, point de garde-fou à la violence, point de bientraitance !

La bientraitance n’est pas une valeur ajoutée à quelques individus cherchant à éveiller les consciences et à changer le monde, c’est ce qui nous rend humain, digne, fier de nous et … heureux.

Comment peut on être en mesure de bien traiter, c’est à dire de respecter le bien-être, ce qui suppose absence de peurs, de souffrances si on n’est pas en mesure de repérer la peur et la souffrance chez l’autre ? La  normalisation des conditions de vie quand on sait la pluralité des caractéristiques physiques et comportementales ne garantit rien, voire compromet le bien-être parfois. La reconnaissance et l’interprétation des postures ne peut absolument pas suffire même aux plus aguerris car cela nécessiterait de connaître toutes les particularités du mode de communication  de chaque race et de chaque individu à l’intérieur de ces races. Qui peut se prétendre à ce point expérimenté ?

Non il y a une solution toute simple et d’une fiabilité indéniable si on ne verse pas non plus dans les sciences divinatoires, c’est l’empathie, la même empathie qui permet à un parent aimant de savoir comment son enfant se sent et ce dont il a besoin pour se sentir mieux. On peut appeler cela l’intelligence du cœur ou bien le feeling, c’est en tous cas ce qui connecte deux individus entre eux et leur permet de se comprendre au delà des mots et des préjugés.

Dame Nature nous a pourvu de neurones miroir, servons nous en ! et surtout n’ayons plus honte ou peur d’appeler notre sensibilité à l’aide pour entendre, comprendre et traduire la parole émotionnelle de nos compagnons.

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