Les familiarisations, en pratique

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La socialisation en pratique | les familiarisations en pratique | l’obéissance en pratique

Le projet éducatif d’un chiot ou de rééducation d’un chien, outre la socialisation et le dressage à proprement parlé, doit absolument inclure des familiarisations à l’environnement non naturel partagé avec l’humain.

En fonction des familiarisations faites il sera possible ou non d’emmener son compagnon partout avec soi sans que cela n’affecte son état émotionnel de façon préjudiciable.

 

La familiarisation consiste à habituer progressivement autant aux lieux, qu’aux objets, qu’aux manipulations et autres “contraintes” de la vie quotidienne d’un chien comme porter un harnais, une laisse etc.

Tout cela constitue des stimuli pouvant provoquer une réaction de fuite ou d’agressivité selon la personnalité canine et l’intensité de sa peur.

 

La règle d’or en matière de familiarisation est de rendre les stimuli neutre

 

Neutre ne signifie pas attrayant.

C’est un piège dans lequel il est souhaitable de ne pas tomber pour ne pas se retrouver avec un chien très attiré par l’environnement auquel on l’a familiarisé et donc en état de grande excitation, une émotion tout aussi difficile à gérer et cause de comportements exagérés qu’elle génère.

 

Pour familiariser on utilise le renforcement positif, c’est à dire qu’on associe le lieu, l’objet ou la manipulation avec quelque chose d’agréable et d’apaisant.

• On emmène le chien dans un nouveau lieu => on est particulièrement généreux en caresses relaxantes, c’est l’occasion de jouer avec son jouet favori, il y a distribution de friandises … au choix ou combiné

• On confronte le chien à des objets inconnus et potentiellement effrayants => on dédramatise, on rassure de la voix et par des caresses apaisantes, on encourage à l’approche sans forcer avec quelques friandises, on passe son chemin comme si de rien n’était …

• On est amené à opérer une nouvelle manipulation (inspecter les oreilles, faire porter une muselière …) => on présente les outils éventuels, on sécurise de la voix et par des caresses relaxantes, on pose des mots sur l’acte, on récompense par quelques friandises le rapprochement, puis le contact avec les outils …

 

Pour familiariser on observe l’état émotionnel de base (avant l’expérience) qui doit être la sérénité et on se fie à cet état émotionnel pour progresser davantage ou revenir un peu en arrière.

 

• Si la peur apparaît => on revient à l’étape où le chien était confiant

• Si l’excitation apparaît sous l’effet de la curiosité => on attend que le chien se calme avant de continuer

 


En matière de familiarisation, Attention à la contamination émotionnelle !


 

c’est à dire à la transmission de son propre état émotionnel.

Si on est soi même inquiet, agacé ou surexcité par une situation, ce n’est pas le moment d’essayer de familiariser le chien à cette situation car on n’est plus en mesure d’apaiser.

 

L’apaisement est la clef de la familiarisation, bien plus que le plaisir.

 

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Les erreurs à éviter

 

L’immersion

 

L’immersion consiste à plonger son chien dans l’environnement auquel on souhaite le familiariser en espérant qu’il constate par lui même qu’il n’a pas à avoir peur. Le fait de provoquer une peur pouvant être très intense est de l’ordre de la maltraitance. C’est un premier point. Mais le fait de compter sur une “prise de conscience” de l’absence de danger est de l’ordre de l’irresponsabilité. Jouer à la loterie offre autant de chance de gagner qu’immerger un chiot dans un contexte hautement stressant. Si en apparence il semble avoir surmonté l’épreuve, il y a fort à parier que cela aura causé des dégâts qui apparaîtront bien plus tard, à commencer par la perte de confiance en son maître.

 

La précipitation

 

En matière de familiarisation la patience est de rigueur car il est question de permettre un apprentissage. La vitesse à laquelle se produit cet apprentissage est propre à chaque individu mais aussi liée à la période de développement qu’il traverse (certaines étant propices, d’autres beaucoup moins) ainsi qu’à la force de ses mauvais souvenirs d’un environnement presqu’identique. Durant la première année, les apprentissages sont particulièrement aisés, les bons comme les mauvais, mais cela ne signifie pas que tous les apprentissages sont possibles car certains requiert un self contrôle dont un chiot ne dispose pas forcément. Plutôt que de planifier une multitudes de familiarisations dans un délai bref, il est plus judicieux de ne programmer que des familiarisations fondamentales (port de la laisse, acceptation du contact de la main de l’humain et quelques lieux stratégiques) en parallèle de l’acquisition des autocontrôles et d’une confiance indéfectible en son maître.

 

La négligence

 

Une des erreurs les plus fréquente en matière de familiarisation est de ne pas en faire. Du coup c’est l’environnement de naissance puis de vie qui constitue la référence au delà de laquelle tout fait peur. Négliger les familiarisations pousse à employer l’immersion le jour il est nécessaire de sortir le chien de son environnement connu, avec les risques exposés plus haut.

les erreurs et négligences qui se paient cher

 

Les associations stimuli = plaisir 

 

Voilà une erreur à laquelle on ne pense pas et pourtant elle est une source potentielle de comportements désagréables du point de vue du maître et d’un état émotionnel difficile à gérer du coté du chien. L’association entre un lieu, un objet ou une manipulation avec une récompense procurant d’importantes satisfactions peut tout bonnement transformer la stimulation en récompense en soi (selon le même mécanisme que le clicker-training) ce qui provoque un état d’excitation intense. Cela se produit quand l’association est travaillée à outrance ou quand le chien est sensibilisé aux récompenses parce que l’on s’est servi seulement de ce moyen pour renforcer. Il est fréquent de penser que le plaisir permet les apprentissages et le dépassement de ses appréhensions. Ce n’est pas faux mais ce n’est pas le seul moyen. L’apaisement le permet également avec l’intérêt supplémentaires de ne pas faire passer d’une émotion extrême à une autre, de la peur à l’extase notamment. Autant pour travailler la motivation à obéir, à exécuter un exercice le plaisir est fondamental, autant pour familiariser la sérénité est prioritaire si l’on souhaite obtenir une personnalité réfléchie et pondérée dans ses comportements.

 

En conclusion

 

Les familiarisations s’inscrivent dans le projet éducatif au même titre que la socialisation et avant d’envisager un quelconque dressage.

Pour autant elles ne se substituent pas aux activités diverses et variées permettant de combler les besoins comportementaux même si ces activités sont des occasions de travailler les familiarisations.

 

Pour vous aider à ne pas les oublier, et à condition que vous respectiez les quelques règles citées ici , nous vous proposons un tableau des familiarisations au format pdf à imprimer éventuellement et vous renvoyons vers un article plus détaillé sur le sujet.

 

Une année d’éducation en théorie et en pratique : phase 1 = période de sociabilisation