Mon analyse de l’arrêté du 3 avril 2014

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Mon analyse de l’arrêté du 3 avril 2014

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L’arrêté du 3 avril 2014 et ses annexes fixent désormais les règles sanitaires de protection animale auxquelles doivent satisfaire les activités liées aux animaux de compagnie.

Voici officiellement son rôle.

Quand on lit protection animale dans un titre, on a de quoi se réjouir quand on est un ami des animaux !

Pourtant au fur et à mesure de la lecture on reste sacrément sur sa faim pour finir même par éprouver un sérieux malaise. Que se cache t’il derrière les intentions à priori louables de ce texte ? vers quelle pente l’élevage des animaux domestiques glisse sans même sans rendre compte ?

Les installations

L’arrêté du 3 avril décrit avec précision dans quels types de locaux on peut pratiquer l’élevage et quels moyens doivent être mis en œuvre pour garantir le bien être des animaux.

A ce stade, il ne s’agit ni plus ni moins que de la reprise des règles auxquelles les installations classées soumises à déclaration devaient se soumettre, ces installations comptant plus de 9 chiens et moins de 50. Hormis les obligations de contrôle, rien n’a changé pour les professionnels, à fortiori pour leurs chiens/chats ; seules les petites structures de moins de 9 chiens sont impactées puisqu’elles doivent se soumettre à la même réglementation.

Petite parenthèse à propos des contrôles : Il ne suffit pas d’évaluer à l’œil ou à l’oreille que les installations offrent sécurité et confort mais de mettre en place des dispositifs de contrôle, de faire des relevés et de les consigner dans des registres ! Premier élément de réflexion : où pratique t’on de la sorte ?

La gestion sanitaire

L’arrêté du 3 avril décrit avec précision comment doit être gérer l’aspect sanitaire des installations et oblige à la rédaction puis au respect d’un règlement sanitaire.

Ce règlement doit détailler les procédures d’entretien, les mesures de prophylaxie et de soins et évidemment respecter les grands principes de “marche en avant” qui font office de règle N°1 dans … l’industrie ! Ne voyez-vous rien venir ?

Evidemment une autorité en la matière doit être associée en la personne du vétérinaire désigné qui aura validé le dit règlement et viendra contrôler les résultats sur place 2 fois par an (réduite à une pour les dérogataires).

Tout ceci ressemble à du contrôle qualité !

Les soins aux animaux

Rien de vraiment neuf sous le soleil. figurez-vous qu’il faut toujours donner à boire, à manger et un logement décent aux animaux – ce que n’importe quel éleveur doté d’un peu de bon sens fera à minima et même très au delà – et leur prodiguer des soins adaptés. Là je suis un peu frustrée évidemment car j’aurais aimé trouver des détails sur ce qui est adapté : une nourriture pour carnivore par exemple, des traitements ciblés (et non à l’aveugle) et des restrictions plus sévères au niveau des euthanasies dont on confie toujours le pouvoir aux vétérinaires sans qu’aucune précision sur leur qualification à évaluer la situation ne soit mentionnée (je pense bien évidemment aux euthanasies pour raison comportementale).

Petite nouveauté toutefois dans cette partie du texte aux points 6 et 7 : il est fait référence aux besoins comportementaux. Alléluia ! à moins que ce ne soit un os à ronger pour les amis des animaux ?

Passons sur l’obligation de formation du personnel qui tient sur une demi page, sur les registres pour qui une page est nécessaire, pour nous intéresser aux petites lignes et aux non-dits.

Toutes ces nouvelles obligations administratives qui viennent sérieusement gonfler la note en termes de temps consacré à l’activité

C’est la MSA qui va être contente car elle va pouvoir récupérer des chefs d’exploitation même s’ils ont moins de 8 reproductrices parce que lorsque vous comptabilisez tout le temps passé à relever les dispositifs de contrôle, les enregistrer, à effectuer les autocontrôles réguliers de l’état des animaux, les consigner, à respecter scrupuleusement les modes opératoires lors de l’entretien, les inscrire quelque part, vous en passez du temps à ne pas vous occuper des chiens/chats mais à être occupé quand même !

Section 2, chapitre 2, dernière ligne : “Le devenir et l’entretien des reproducteurs et reproductrices réformés doivent être assurés.”

Et c’est tout !

Quand on sait que les improductifs sont comptabilisés dans le cheptel et que ce cheptel ne doit pas dépassé un nombre fatidique au delà duquel on est en infraction, que faut-il en conclure ?

Emploi répétitif des termes bien-être, adapté, comportement… 

Histoire de bien focaliser l’attention sur ce qui calme les esprits et noyer le poisson, le très gros poisson, qu’est la volonté de faire basculer l’élevage des animaux de compagnie dans l’ère du productivisme !

N’y a t’il que moi et quelques amis qui voyons que cet arrêté est une copie quasi conforme de la réglementation en matière d’élevage de rente où les reproducteurs sont réduits à l’état d’outils de production et les produits réduits à l’état de marchandise ? 

Est-ce le devenir de notre métier ? Est-ce le futur statut de nos animaux à nous éleveurs ?

Si j’osais je dirais : “à quand la réouverture des boucheries canines ?” parce que les refuges débordent alors on va en faire quoi des rebus, des non conformes à la destination ?

Elle est où la protection animale quand on sait où conduit l’élevage intensif ?

 

 

 

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