Les 3 grands principes de l’éducation à l’obéissance

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Les 3 grands principes de l’éducation à l’obéissance

En matière d’éducation à l’obéissance beaucoup ont encore trop souvent tendance à croire que le chien sait ce qu’on attend de lui, qu’il connaît « instinctivement » les règles de bonnes conduite. C’est une erreur !

Beaucoup ont encore la conviction que lorsqu’il n’obéit pas, c’est qu’il ne nous respecte pas. C’est un jugement erroné !

Et beaucoup, beaucoup trop, ont encore malheureusement l’habitude d’user de la menace ou de la violence, parfois démesurément, pour décourager à recommencer. C’est une trahison de la confiance que le chien accorde à l’humain !

En fait, en matière d’éducation à l’obéissance il n’y a que 3 grands principes à retenir et à respecter pour obtenir celle-ci de nos compagnons :

On enseigne d’abord le sens des mots/gestes 

puis on donne envie de répondre à la demande 

et enfin on prive juste de ce qui motive pour « corriger » les comportements inappropriés


étape 1 de toute éducation/dressage : Enseigner le sens des mots/gestes

 

Un chien sait parfaitement s’asseoir, se coucher, rester sans bouger naturellement. Nous n’avons rien à lui apprendre de ce coté là. Mais comme le dit si justement Ian Dunbar, un chien ne parle pas notre langue à la naissance et ne connaît donc pas la signification des mots. Il a acquis lors de la socialisation la signification des postures, mimiques d’un chien mais lors de cette primo-éducation sa mère ne lui a pas enseigné ce qu’un doigt humain levé ou une tape sur la cuisse veulent dire. C’est à nous, maître, de le faire et avec la pédagogie que l’on exige des autres à notre égard.

Quelques mots et gestes nécessitant une éducation à l’obéissance

• Le nom du chien : à l’écoute de son nom votre chien doit se mettre à l’écoute de la demande qui va suivre. Prononcer son nom doit donc susciter de l’intérêt et pas de la peur.

• « Au pied », « Viens » ou un tape sur la cuisse, au choix ou les 3 indifféremment : à l’écoute de ces mots ou à la vision du geste votre chien doit apprendre que vous demandez son retour à vous.

• « Pas bouger », « Reste » ou une main dressée face à lui, au choix ou les 3 indifféremment : à l’écoute de ces mots ou à la vision de ce geste votre chien doit apprendre que vous lui demandez de rester fixement dans la position et là où il est.

• « Stop », « Halte » … au choix et selon votre imagination : à l’écoute des ces mots votre chien doit apprendre que vous lui demandez de cesser immédiatement ce qu’il fait ou d’avancer.

auxquels on peut ajouter pour leur aspect utile au quotidien

• « Assis » : à l’écoute de ce mot votre chien doit apprendre que vous lui demandez de prendre la position assise

• « Couché », « Terre » au choix : à l’écoute de ce mot votre chien doit apprendre que vous lui demandez de prendre la position couchée

Dans tous les cas, en commandant vous exprimez une demande, une attente. Ce n’est absolument pas suffisant pour qu’elle soit satisfaite !


Etape 2 : Donner envie de répondre à la demande

 

Personne, et à fortiori pas plus le chien que l’homme, ne fait quoi que ce soit s’il n’en tire pas une quelconque satisfaction. Même le bénévolat procure une gratification ! Il est donc nécessaire de prendre en considération ce qui motive le chien en général et en particulier au moment où vous exprimez une attente, où vous faites une demande.

Le chien est motivé par la nourriture, les interactions sociales, la découverte/la prise d’information sur son environnement, le jeu durant lequel il entraîne ses capacités cognitives et physiques. Au moment d’une demande il est impératif de déterminer ce qui occupe votre chien et de lui proposer quelque chose de plus attrayant en stimulation et en récompense. Il faut donc connaître ses priorités. Certains chiens sont focalisés sur la nourriture, d’autres sur la poursuite d’une balle, d’autres encore apprécient par dessus de tirer sur un boudin de toile ou que leur maître leur dispense des caresses. Certaines fois ces priorités changent. S’il a faim la nourriture passera en premier. S’il manque d’exercice courir après une balle aura peut être plus de valeur et s’il est en manque d’occasions de satisfaire ce besoin, l’exploration sera son seul leitmotiv. En fonction de son état d’esprit du moment et de ses « passions » il faut s’adapter et faire basculer la balance de son coté en étant plus motivant, plus attrayant, plus important que son activité.

Pour pouvoir se passer ensuite de la récompense sans y perdre en obéissance il suffit, lorsque que le sens du mot/geste est acquis avec certitude et que le l’exécution devient de plus en plus automatique (puisque toujours gratifiante) de récompenser de façon aléatoire – 1 fois sur 2, 1 fois sur 3 etc ou par une autre récompense que celle habituellement distribuée ; cela aura pour effet de renforcer de façon durable le comportement récompensé ; le maître pourra commencer à oublier le jouet ou la pochette de friandises à la maison.


Etape 3 : Priver juste de ce qui motive pour « corriger » les comportements inappropriés

 

plutôt que d’ajouter un désagrément ou une souffrance

La punition a pour objectif de faire disparaître un comportement inapproprié du point de vue humain mais l’idée n’est pas d’instaurer la peur ou la méfiance envers son maître. En employant la punition au sens courant du terme, c’est à dire en criant, secouant, frappant un chien on s’expose au risque de lui faire perdre toute confiance en nous et cela, d’autant plus, si l’association entre « mauvais » comportement et punition ne se fait pas (cas de la punition décalée dans le temps). En matière de relation humain/chien, et compte tenu déjà de la difficulté à se comprendre naturellement, il n’est pas dans l’intérêt d’un maître d’y ajouter une telle ambiguïté ! Sans confiance, prévisibilité un chien n’accordera qu’une attention relative à son maître et cherchera ailleurs, dans d’autres compagnons, voire d’autres activités, matière à satisfaire ses besoins fondamentaux. Par contre si on prend la peine d’évaluer ce qui le motive et le gratifie et qu’on supprime cela au moment où il agit « mal » pour le réintroduire lorsqu’il agit mieux, on n’entache nullement la relation et on n’affecte pas le lien.

L’exemple le plus significatif pour comprendre le principe de la punition négative, ou punition par privation de l’objet de motivation, est le cas du chien à qui on veut interdire de sauter sur les gens pour dire bonjour : Ce qui le motive est le contact avec l’humain, une excellente chose en soi, mais un contact rapproché que l’on a souvent inculqué en prenant le chiot dans les bras lorsqu’il était petit. En criant, en le repoussant ou lui donne du contact donc on le récompense involontairement. En le caressant de temps en temps seulement, lorsqu’on n’a pas envie de se bagarrer ce jour là, on ancre littéralement le comportement dans les habitudes et il faudra beaucoup de patience pour le voir diminuer. la solution tout simple est de priver du contact convoité quand il est réclamé de la mauvaise façon, en se retournant ou en s’éloignant, et aussi, mais est-ce nécessaire de le dire, en ne l’encourageant pas au départ. A une moment ou un autre le chien va se calmer, s’assoir, proposer autre chose que l’on peut même lui demander s’il a acquis le sens des mots, et là on lui donne ce qu’il voulait : du contact.


Ces 3 principes sont applicables dans pratiquement toutes situations car l’éducation à l’obéissance fait appel à la mémoire des conséquences d’une expérience. Si celles-ci sont agréables, l’expérience sera reconduite. Si celles-ci sont désagréables, l’expérience sera évitée. Lorsqu’une expérience est systématiquement satisfaisante ou gratifiante elle devient une habitude, un choix qui s’impose de lui même. Si la récompense devient aléatoire par la suite, l’habitude s’ancre de façon durable.

Ces 3 principes simples et absolument non violents respectent totalement le bien-être animal dans le domaine de l’éducation à l’obéissance. Outre au fait qu’ils sont bien traitants, ils préservent le lien qui unit l’humain au chien – Car sans lien plus rien de tout ça n’a de sens – et s’inscrivent parfaitement dans une philosophie globale où cohabitation et collaboration sont parfaitement compatibles et même profitables l’une à l’autre.


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